Clichés du plaisir, stéréotypes de l’orgasme

In: Arts Grafiques & Vidéos - Tuesday 16 March 2010 @ 19:15 - Comments (0)

Il y a quelques semaines de ça, un photographe m’a contacté pour faire des photos, jusque là rien d’étonnant, mon site de modèle étant toujours actif. J’ai failli envoyer le mail à la corbeille sans trop faire attention, parce que ce que la personne me proposait me paraissait un tantinet cliché, pour ne pas dire éculé, voire usé jusqu’à la corde. Il était question de saisir le plaisir féminin et plus précisément la jouissance féminine pendant la masturbation. Arrêtons-nous deux secondes. J’aimerai comprendre ce qui fascine à ce point les photographes à propos du plaisir féminin pour qu’ils se sentent toujours obligés d’en saisir “les mystères” et les “instants de grâce”. Dans l’absolu, je n’ai rien contre le fait que l’on veuille photographier l’orgasme quelle que soit la pratique qui en est à l’origine, c’est loin d’être évident. Non ce qui ne cesse de m’interroger, c’est pourquoi la masturbation féminine est à ce point un sujet de prédilection pour les photographes de nu et d’érotique. Généralement vous avez tous ceux qui disent que la masturbation masculine n’est pas assez graphique en termes de mouvements. Ceux qui pensent qu’un visage d’homme qui jouit ne présente aucun intérêt. Que c’est même comique. Et puis ceux qui jamais au grand jamais ne s’abaisseraient à photographier deux personnes en train de faire l’amour “pour de vrai” parce que là ça serait pornographique donc vulgaire. Ben voyons.

Par acquis de conscience, j’ai été jeter un oeil aux multiples sites du photographe qui me contactait là avec donc toutes ces images consacrées à la jouissance et la masturbation féminine. Il est amusant de noter les ersatz qu’ont pu faire J.F. Jonvelle et J.L. Sieff dans la tete de tous un tas d’aspirants photographes dans une certaine représentation de la femme. Dieu qu’ils sont nombreux ceux qui ont imité sans jamais transcender! Le cahier des charges est toujours le même: on tient à une féminité naturelle, peu apprêtée, toujours en noir et blanc pas trop constrasté et dans des apparts à grandes fenêtres et parquets au sol. Les lits sur lesquels elles se prélassent ont toujours des gros oreillers, des couettes et des draps blancs et elles boivent du thé dans de gros mug. Et elles se maquillent beaucoup devant le miroir de la salle de bains, si possible en sous-vêtements noir uni. C’est sensé sonner “vrai” mais c’est indubitablement stéréotypé. Partant de ce constat que la beauté féminine (comme je regrette que la fonction guillemets sarcastiques n’existe pas sur un clavier d’ordinateur) naturelle est en noir et blanc et que toutes les filles ont des cheveux de sirènes, la vision de leur jouissance est à l’avenant. Chaque personne qui s’y est attaqué de manière thématique tombe dans les mêmes travers, les mêmes poses, les même regards. Cette vision stéréotypée de l’orgasme ne laisse pas de m’étonner tant c’est un moment où toute la personne se tend dans une attitude qui est souvent à l’inverse de la pose. Un orgasme, c’est la torsion des corps et des visages, c’est le moment où la personne se sort d’elle-même. C’est ça qui est émouvant, quand tout cela transpire l’image et c’est ptet pour ça qu’un site comme Beautiful Agony marche depuis quatre ans. Il suffit de regarder le preview en haut à gauche pour le piger. Et là, pas de discrimination, les filles comme les garçons agonisent de plaisir sous l’oeil de la caméra! (A ce sujet, la lecture de ce texte de la photographe Buffet Froid n’est pas inutile).

A l’occasion quand j’ai un peu marre de tout a, je vais fouiller un peu sur le site de Chagrin. Oui, il faut fouiller, parce que là aussi, on a son lot de photos nues et obscènes un peu faciles voire gratuites. Mais on tombe parfois aussi sur de vraies perles. Et parfois même, ce sont pas forcément les plus explicites qui retiennent l’attention.

(Another thursday morning – Non créditée)

(et en plus, ça vous oblige à fouiller aussi)

Mais dans le style raw et saisissant, on peut aller sur Fuck me et Bend me over. Les éclats de rire côtoient les giclées de sperme, à la pression d’une main, répond l’abandon d’un visage avec une crudité qui paradoxalement, n’est jamais vulgaire. Il y a indéniablement une dimension artistique, là dans le cadrage, là dans la lumière, là dans la manière de saisir l’instant T qui n’est pas forcément l’orgasme d’ailleurs, mais la lutte, le crescendo, la reddition, toute la dimension ludique du sexe et de sa représentation sans forcément tomber dans le cliché Marie-Claire (oui, vous voyez, ceux qui servent à illustrer les sujets “sexe” et qui racontent toujours les mêmes histoires de femmes qui découvrent le plaisir dans les bras de l’amant avant de rentrer chez le mari). Ces sites sont ceux qui racontent le mieux le sexe en image avec juste ce qu’il faut de liquide, de sueur, de peaux qui rougissent, ceux où personne n’a eu peur d’y aller vraiment. Bref que la photo, c’est beaucoup de comédie et de mise en scène, mais il reste des thèmes où l’illusion parfaite, c’est de faire croire que tout est pris sur le vif même quand ça ne l’est pas. Ou du moins, d’arriver à faire de moments totalement non-posés de vraies oeuvres d’art. Dans le genre, c’est comme la photo de concert, scène et foules comprises. Une gageure. (Dans le genre, Nicolas Patault est un demi-dieu, mais on s’égare) Pour terminer sur une note fun, Sylvain Norget réalise des autoportraits qui détournent à la fois les codes des photos de nus de filles… et des gay. Et plutôt bien.

De l’origine d’un fétichisme

In: Arts Grafiques & Vidéos - Sunday 7 March 2010 @ 20:37 - Comments (4)

En fait, ça doit venir de ce magazine sur les photographes des années 80 qui a trainé si longtemps à la maison quand j’étais gamine. De cette page que j’ai regardé tellement de fois, relisant l’anglais sans le comprendre et la traduction en me laissant guider par la délicatesse des phrases françaises. Ca me fait tellement plaisir de pouvoir enfin mettre un nom sur l’auteur de cette image dont je ne me lasse jamais et ce texte calligraphié comme une lettre amoureuse et vibrante.

Traduction approximative: “Le plus beau dans le corps de l’homme – Je crois bien que c’est là/ où le torse se pose sur les hanches/ ces courbes jumelles et déliées/ féminines dans la grâce/ suivant le tronc/ guidant les yeux vers le bas à leur intersection/ le point de plaisir.” (Version plus grande de la photo)

C’est la partie de son corps que je préfère. Ce qu’il a de plus émouvant. Ce n’est sans doute pas un hasard (que son corps ressemble tant à cette fascinante image de mon enfance).

Feel you from the inside

Encore 20000 signes à écrire à propos des fantasmes BDSM. Des fois je me dis que je ne vais jamais en voir le bout. Histoire de rester dans le sujet (mais sans l’avoir cherché), je tombe sur ce making-of du tellement mythique qu’il en devient complètement galvaudé clip de Closer (chanson non moins mythique et non moins galvaudée). Où je glousse en entendant Mark Romanek dire que la séquence où Trent se suspend aux chaines, menotté et les yeux couverts d’un masque aveugle a été très facile à réaliser puisqu’il possède une immense collection d’objets SM… Que l’on aperçoit quelques minutes plus tard accrochés au mur alors que Trent supporte stoïquement un baillon-boule. Et d’ajouter que la séquence du masque a été suivie avec la plus grande attention par toutes les filles du studio…

NIN: The Making of the “Closer” Video from Nine Inch Nails on Vimeo.

Le résultat en images:


Nine inch nails – closer
envoyé par waverider67. – Regardez d’autres vidéos de musique.

Erotica Anima

In: Arts Grafiques & Vidéos - Sunday 31 January 2010 @ 17:41 - Comments (0)

Dimanche dernier, dernier jour avant de quitter Paris et rentrer dans mes pénates. Je revois Wilfried, ça fait presque un an qu’on a pas pris le temps de se faire un café/taillage de bavette un peu tranquille. Le décor est conforme aux canons du cliché parisien: un café aux moulures et pâtisseries de stuc, la pluie de l’autre côté de la vitre, des serveurs qui râlent et nous deux qui devisons entre chaise en bois et banquette de plastique rouge. Il a ramené son exemplaire de Adore acheté depuis des mois, on a les fétichistes qu’on mérite et je suis toujours contente d’écrire des dédicaces longues comme des romans sur la page de titre (surtout quand la personne a lu le texte alors qu’il n’était encore qu’un manuscrit). Il me dit alors “Attends, moi aussi, j’ai un livre à te proposer si tu veux!” ironisant aussitôt sur le côté camelot de la chose et me sort un petit livre broché comme un cahier d’écolier où se décompose en huit images la progression d’Erotica Anima.

- Elles sont… belles et étranges. Qui les a faites?
- Une amie… Soizic Sanson.

- Mais dis donc, c’est toi qui pose avec un masque de Paul Toupet!
- Oui, c’est moi enfin disons plutôt que c’est la créature! Soizic est en autoportrait par contre.

En fait ce que je n’aime pas dans cette série, c’est son format. Les images trop petites sur mon exemplaire et qui mériteraient de se déployer. Et puis les effets-hachures qui griffent les bords cadres… je ne crois pas qu’il manquerait vraiment quelque chose à la photo si elles n’étaient pas là. Mais la théâtralité qui compose chaque image, cette façon de jouer avec tous les codes des fétiches et de la domination, utiliser l’image si négativement connotée du lapin pour exprimer une sexualité puissante et en sortir une réelle bestialité… C’est frappant. (Du coup, j’ai pris un exemplaire forcément… sauf que là, moi aussi j’ai eu ma dédicace du lapin en prime :))

Update sur OhMyDahlia.Com

In: Arts Grafiques & Vidéos - Saturday 16 January 2010 @ 19:34 - Comments (3)

Ca fait un bail qu’il n’y avait pas eu de mises à jour sur le site de modèle. En même temps, ça fait un bail que je ne fais plus de photos, à part pour le boulot parce que les photos de presse c’est important (et qu’il est hors de question que je file du blé à l’Agence Opale pour ça). Je ne pose pour ainsi dire plus, c’est maintenant très ponctuel et souvent pour les mêmes personnes, plus pour le plaisir que pour enrichir à tout prix un book d’univers divers comme c’était le cas à une époque. (Maintenant la photo, c’est dans mon deuxième romanqu’elle prend le plus de place hin hin hin) Bref donc jeudi, on a shooté une séance très film noir pour construire le visuel du site d’auteur (qui arrive incessament sous peu) avec Kelly. Et puis histoire de décompresser après tout ce sérieux, on a fini sur des portraits bien cheerful avec l’aide de Bob L’Eponge (qui porte ici très bien son nom :D). La suite sur OhMyDahlia.Com !

Surpraïse!

In: Arts Grafiques & Vidéos, Ouèbe - Wednesday 9 December 2009 @ 19:36 - Comments (7)

Bon sachez que le site auteur devrait pas tarder à arriver, si si, le brainstorming a bien marché (on avait pas mangé de pizza, ça aide *si certains se souviennent de la pizza diabolique, c’est qu’ils suivent nos aventures depuis vraiment TRES longtemps*). En attendant, vous naviguez donc sur un My Way Or The HighWay flambant neuf grâce aux petits doigts de fée de Kelly. Ah y a pas à dire, une peau neuve, ça fait un bien fou!

Next Page >>>