Triomphe de la vulgarité

In: Bouillon de culture, Dahlia présidente - Wednesday 25 June 2008 @ 17:01 - Comments (3)

A quoi reconnait-on un bon essai? Dès que vous vous mettez à le lire, vous avez envie d’en photocopier des pages entières pour les coller dans la rue. D’engueuler votre libraire pour qu’il le mette en avant plus encore que les autres. Voire de voler des piles entières et les distribuer à qui mieux-mieux. Bref de le faire circuler tant que possible.

Il est plus que probable que je sois complètement passée à côté de Triomphe de la vulgarité de Marc-Vincent Howlett si je n’étais pas tombée sur ce long article que Rue89 a consacré à cet ouvrage et son auteur. D’autant que dans le monstrueux étalage d’ouvrages consacrés à SarkoBoy sur les tables des libraires au rayon politique, celui de Marc-Vincent Howlett est très discret. Pas de photo du président en couverture, pas de quatrième de couv’ outrancière… Mais du contenu, de la réflexion, une intelligence lumineuse qui emporte tout sur son passage.

Comment Marc-Vincent Howlett définit-il cette vulgarité dont il constate le triomphe?
Il existe une impudeur, plus sournoise et autrement plus dangereuse que les abandons aux plaisirs de la chair; c’est celle de la représentation glorieuse de soi. Elle voue l’individu à se centrer sur sa personne, à la glorifier et l’exhiber comme l’illustration de la réussite: il jouit de sa splendeur individuelle, meme si celle-ci se révèle le plus souvent d’une effroyable médiocrité.” Au-delà de cette constatation qui peut apparaître péremptoire, Marc-Vincent Howlett part donc de l’élection de Nicolas Sarkozy pour montrer qu’il cristallise cette nouvelle ère d’impudeur et donc de vulgarité où se concentrent la médiocrité, le mépris du peuple, la volonté d’imposer une Histoire sans aspérités ni épisodes gênants, le besoin d’imposer le travail comme une valeur morale et une pensée que plus que jamais consensuelle, sans véritable réflexion.

On croit que toutes ces critiques ont déjà été faites avant, mais en lisant Triomphe de la vulgarité, on réalise qu’il est fort dommage qu’on ne laisse pas plus souvent les universitaires s’exprimer sur des plateaux télé, des radios ou tout simplement dans des bouquins. Quand vous voulez les entendre, il faut au moins remonter aux soirées Thema d’Arte. Car les universitaires ont cette merveilleuse capacité à expliquer les choses sans esbrouffe, ni effets de style. Il suffit de lire Marc-Vincent Howlett pour avoir les écailles qui tombent des yeux. On pense qu’il énonce ce que nous sommes déjà censés savoir, alors qu’il pousse très loin sa réflexion en globant les mutations sociologiques, sociétales, culturelles autant que le politique.

Il est difficile de parler en profondeurde tous les aspects des mutations abordées par ce livre car ces 220 pages sont toutes d’une incroyable pertinence. Si j’en prend une au hasard qui aborde le sujet de la télévision, j’y lis ceci:
Si l’on fait abstraction de [quelques programmes], la télévision ne présente plus le moindre intérêt; elle est devenue un espace promotionnel et le rendez-vous de tous les copains. [...] C’est le règne de la bande. Toute émission tourne autour d’un chef de bande. On cause, on promotionne, on cajole, on abhorre à l’unisson, on désamorce toute forme de critique, en un mot: on rit. Et ce rire est l’expression [...] du bonheur fou d’être entre soi. L’impudeur est en fait à son comble. La télévision nous offre le spectacle de gens qui, avec des talents plus ou moins convaincants, parlent de tout et de rien, tout en s’amusant de tout (le monde) et en ne s’indigant de rien (leurs privilèges).

La mise en lumière de cette vulgarité et cette impudeur éclaire aussi ce qui en découle: la bêtise. Dans laquelle se complaisent – dans une certaine mesure – nos dirigeants politiques qui misent tout sur l’affect, l’émotion, la réaction plutôt qu’une vraie réflexion de fond quand il s’agit de pondre des lois à la va-vite et les passer en force au nom d’une empathocratie. Entre autres…

Triomphe de la vulgarité est sans doute le SEUL livre qui vaille la peine d’être acheté et lu pour réellement comprendre les ramifications de ce que nous vivons actuellement en France.

Triomphe de la vulgarité (Marc-Vincent Howlett)

Triomphe de la vulgarité, Marc-Vincent Howlett, Editions de L’Olivier, 2008, 220 pages

Toute flamme est bonne à sauver

In: Dahlia présidente - Tuesday 8 April 2008 @ 20:05 - Comments (4)

Bon je ne reviendrai pas sur le parcours chaotique de la flamme olympique hier. Je n’ai pas de réel avis sur la question, en tout cas d’avis qui puisse être traduits en mots. Disons que le 20h de F2 hier m’a suffi. Des militants de Reporters Sans Frontières qui déploient le drapeau du Boycott sur la Tour Eiffel et Notre-Dame-De-Paris et qui manquent de tomber dans le vide. Des CRS qui ont pour ordre de virer sans ménagements les militants qui barrent la route. Et des services d’ordre chinois au milieu de tout ça. Cette désagréable impression que la France n’est même plus souveraine en son pays, à part quelques élus qui ont déployé la banderole “Passez les droits de l’homme en Chine!“. Et au milieu de tout ça, le silence assourdissant de SarkoBoy. Mais après tout, une fois qu’on laisse un bédouin dictateur planter sa tente dans les jardins de Marigny hein… On peut se dire que tout est permis. Donc voilà, je n’ai pas de réflexion à proprement parler sur la question. J’assiste à un truc qui me dépasse et sur lequel je ne peux pas mettre de mots.

Et par ailleurs, je tiens à présenter mes excuses pour ce titre foireux donc, puisque je ne sais pas s’il faut sauver la flamme olympique. Mais par contre, j’ai été assez saisie par cette vidéo réalisée par des lycéens à Albi. Il s’agit d’une “Action symbolique lors de la venue de l’inspecteur général des arts plastiques dans notre lycée pour protester contre la réduction inquiétante des moyens attribués aux lycées français.” Pensez-vous qu’il s’agit de quelque chose de violent ou de la rebellion en bois? C’est carrément tout le contraire. Et c’est encore plus impressionant.

Car il y a en ce moment un mouvement lycéen qui passe assez inaperçu et si je n’étais pas tombé sur un article qui s’en faisait l’écho sur le site d’Arrêt sur images, je serai aussi passée à côté, tout comme je serai passé à côté de ce blog qui suit patiemment le mouvement. Parce que les lycéens eux-mêmes sont aussi concernés et écoeurés des suppressions de postes d’enseignants à tour de bras que les enseignants eux-même…

Toute flamme qui s’éteint émeut donc, chacune à son niveau.

Putain, 37 ans!

In: Dahlia présidente - Sunday 16 March 2008 @ 21:19 - Comments (0)

37 ans que la mairie de Toulouse était à droite. Ce soir, Toulouse redevient totalement la Ville Rose!

Tchin tchin! A ta santé!

Bien sûr, il va falloir attendre que les estimations soient des confirmations mais putain le temps qu’on en rêvait

Toulouse - Ville Rose

C’est dimanche soir, c’est idées noires

In: Dahlia présidente - Sunday 9 March 2008 @ 21:12 - Comments (0)

Je me gèle, j’ai mal aux yeux (c’est simple, le blanc n’a jamais été aussi rouge) et mon lecteur DVD est définitivement mort. Et tenter de mater Twin Peaks – Fire walk with me sur un écran de PC portable, c’est chiant. J’ai un peu regardé les résultats du premier tour des municipales, la liste PS de Pierre Cohen a fait 40%. Difficile de savoir pour le moment si la mairie de Toulouse va repasser à gauche pour la première fois depuis 37 ans. Ouaip 37 ans. Avant notre maire actuel – Jean-Luc Moudenc qui avait remplacé Douste-Blazy quand celui-ci s’est tiré au gouvernement pendant le second mandat de Chirac – il y avait la dynastie Baudis. Pierre puis le fils Dominique. Je note d’ailleurs que Dominique Baudis a gardé une place assez curieuse dans l’imaginaire collectif de pas mal de gens quand je leur dit que je suis toulousaine. “Ah ouiii, la ville où y avait les histoires de partouze SM qui mettaient en cause des notables? Avec l’affaire Patrice Alègre? Et le maire qui était impliqué? C’est bien ça?” Moui, on peut dire ça.

Mais surtout une ville qui si elle a été particulièrement bien gérée sur le plan économique pêche énormément sur le plan culturel par exemple. La proximité de l’aérospatiale par exemple a fait que pendant des années, il était surtout question de privilégier une culture d’élite, réservée à des gens qui ont du pognon. Orchestre national, Opéra, Zénith flambant neuf, aucun festival d’envergure nationale… Dans l’ensemble, c’était bien mais pas top (Copyright Les Nuls). Si une liste de gauche peut amener à redonner une véritable force culturelle et artistique à la ville, ça serait quand même vachement bieng. Car même s’il nous reste Le Bikini comme bonne salle de concerts et soirées, désormais il est de plus en plus difficile de jouer à Toulouse dans un petit espace. La création artistique est étouffée dans l’oeuf à plein d’endroits. Et puis Le bikini, c’est à Ramonville, pas à Toulouse même… Mais, mais. Pierre Cohen donc, c’est le maire sortant de Ramonville. Le monsieur qui a fait 40% ce soir donc. Contre 40,5% pour Jean-Luc Moudenc. Je gage que ça va drôlement swinguer dimanche prochain haha.

Ah zut, j’ai oublié de prendre le canard enchainé aujourd’hui

In: Dahlia présidente, Et pendant ce temps-là à Vera Cruz - Wednesday 20 February 2008 @ 21:07 - Comments (6)

J’avais prévu de faire la critique sur American psycho, mais là j’arrive pas à mobiliser assez d’énergie intellectuelle pour ça. Donc contentons-nous de faire un tour sur ce qui se passe en France en ce moment et comment dire, ça pue un peu d’habiter ici depuis quelques temps. Lors du dîner du CRIF, SarkoBoy n’a pas parlé que faire parrainer un enfant mort de la Shoah par un élève de CM2 (occultant par la même que si on n’en parle pas avant le collège et le lycée, y a des raisons et méprisant le travail que les profs font sur le sujet), il a aussi annoncé qu’il voulait le retour du catéchisme à l’école. Génial, excitons encore un peu le communautarisme, ça manquait. Essaie un peu de toucher à la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, mec, essaie.

Par ailleurs, Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de SarkoBoy, estime que les sectes sont un non-problème et notamment la Scientologie. Putain le marketing de Tom Cruise a été efficace chez le Président. En même temps, il faut croire qu’entre nains on se comprend…

Je termine sur le fait que désormais chers amis artistes, il sera de plus en plus compliqué pour vous de monter un spectacle et le justifier auprès des ANPE et Assedics pour toucher un cachet.

Vous voulez une bonne nouvelle? Bon ben… heu… Allez, y a la Nouvelle Star qui recommence demain soir. Sous-entendu, ne-me-téléphonez-pas-demain-soir-durant-la-diffusion.

Comment augmenter les stats de son blog

In: Dahlia présidente, Dans ton cul - Wednesday 9 January 2008 @ 19:35 - Comments (7)

Ca va bientôt faire un mois que notre UberPrésident roucoule comme un pigeon avec la pire des frangines Bruni (ah quel contraste avec la fraîcheur de Valeria Bruni-Tedeschi… J’ai revu 5X2 de François Ozon y a deux jours et je ne me lasse pas d’elle), et ne s’inquiète pas de nous repésenter à l’étranger sous l’allure d’un érotomane coeur d’artichaud qui se comporte comme un jouvenceau boutonneux [Même Clinton n'avait pas osé] Ce qui est excusable chez Paris Hilton l’est moins pour un homme d’Etat… Bref. Personnellement ce que je trouve fascinant, c’est la personnalité même des deux protagonnistes, leurs antécédents et tout un tas d’éléments annexes qui pourraient presque constituer du matériau génial pour l’écriture d’un scenar de drame psychologique pour le cinéma, voire un bon roman bien saignant sur les relations humaines et amoureuses.

Par exemple… Quand Nico offre une bague à Carla, c’est par amour ou pour faire bisquer son ex-femme? Les images parlent d’elles-mêmes d’autant plus que sur celle de Cécilia date du 16 mai dernier.

Nicolas Sarkozy offre à Carla Bruni la même bague qu'à Cécilia...

(Merci au chouette blog Le Sarkostique pour l’info)

Bon mais le cas Carla. Elle fait partie de ce que j’appelerai volontiers les salopes magnifiques, celle dont on fait la matière des pires personnages de garces du cinéma. Je veux dire, elle a tous les attributs de la croqueuse d’hommes dénué de sens moral telle que l’a incarnée Sharon Stone dans Basic Instinct. Asseyez-vous tranquillement. Prenez même un petit verre, quelques cacahuètes à grignoter. Et lisez donc cet épisode de la vie amoureuse de Carla Bruni que ne renierait ni la Tragédie Grecque, ni certains réalisateurs de thrillers américains:

Carla ne connait pas l’obstacle, elle l’écrase tout simplement.

Moi j’adore l’idée des repas de famille où on peut dire sans honte à son fils “Quand j’étais plus jeune, je me suis tapé ton grand-père avant ton père!” :D Bref un narcissique pathologique alliée à une égocentrique forcenée… Peut-être aiment-ils scruter leur propre reflet dans les yeux de l’autre? Le manque d’élégance ne les étouffe ni l’un ni l’autre en tout cas.

Que cette note puisse un peu aider à faire passer la conférence de presse d’hier devant pas moins de 600 journalistes où l’on a réinventé l’art de faire avaler des couleuvres. Pour ceux qui l’ont loupé, la séance de rattrapage c’est ici (attention l’article qui suit est anti-chronologique, commencez donc sa lecture par la fin).

Et meilleurs voeux à tous!

[Warning] Nouveau post sur Behind The Looking Glass

Next Page >>>