De la critique en-veux-tu-en-voilà

In: Bouillon de culture - Monday 31 March 2008 @ 21:45 - Comments (0)

Une fois n’est pas coutume, voici un post deux-en-un concernant mes dernières pérégrinations littéraires. Au programme, deux livres que vous pouvez éviter sans problèmes et un qui vaut le coup de passer à la caisse de sa librairie préférée.

Alors dans le style, attention on essaie de vous fourguer un faux prodige littéraire, La physique des catastrophes de Marisha Pessl paru en France en septembre 2007, gagne haut la main. On nous le présente presque comme un petit cousin du chef-d’oeuvre absolu de Donna Tartt Le Maître des illusions, avec pour thématique, des étudiants brillants, super brillants qui deviennent les disciples d’un professeur charismatique dont le meurtre mystérieux plonge les jeunes gens dans la perplexité et le désarroi. Bleue Van Meer, l’héroine (à noter que dans la version originale, elle s’appelle Blue, à se demander si le traducteur prend les lecteurs pour des crétins pour aller jusqu’à traduire le prénom de la narratrice) est super brillante, super cultivée, super intelligente et super attentive à ce qui l’entoure. Et à l’écriture, ça se traduit par une incroyable pédanterie: des références et des notes à toutes les pages, des petits dessins (assez affreux) pour illustrer certains propos, et assez curieusement pas d’atmosphère, pas d’ambiance, pas de souffle romanesque. Les personnages? Du carton-pâte sans âme, sans épaisseur. J’ai péniblement tenu cent pages avant de lâcher le livre, qu’heureusement on m’avait prêté. Pour la peine, je vais bientôt relire Le Maître des illusions.

J’ai lâché Marisha et j’ai pris Un homme accidentel de Philippe Besson. Qu’on pourrait résumer par poncif-cliché-lieu commun. La trame? Los Angeles, un flic marié et père de famille enquête sur un meurtre qui implique Jack Bell, un acteur sublime. Bien sûr, le flic va tomber amoureux. Bien sûr, sa femme ne va se douter de rien. Bien sûr, lui et Jack Bell vont baiser comme des fous dans des motels. Bien sûr, il est supra-impliqué dans le meurtre. Bien sûr, il va se suicider et plonger le narrateur dans la tristesse la plus noire. Oups, j’ai raconté la fin. En même temps, je viens de vous épargner trois heures de lecture (230 pages avec une grosse typo, ça s’avale très vite surtout que la qualité d’écriture ne vise pas trop à faire réfléchir) d’un livre cousu de fil blanc, dont le décor est si peu exploité qu’il en evient purement anecdotique et dont les personnages sont tout sauf habités. Pour l’anecdote, Un homme accidentel est sorti en même temps que l’excellent Mérovée – que j’avais chroniqué ici-même – et sur une trame qui semble similaire, le livre de Nicolas Jones-Gorlin est en tous poins supérieur.

Je commençais à désespérer, mais j’ai terminé Blue angel de Francine Prose. Blue angel comme le film de Josef Von Sternberg auquel le livre fait de multiples références. Là, il ne s’agit pas d’un professeur qui se perd pour une chanteuse de cabaret pouilleux, mais de Ted Swenson, professeur de creative writing en fac qui a toujours mené une existence sans histoires. En clair, il n’a jamais couché avec ses étudiantes et encore moins trompé sa femme. Alors qu’il n’avait encore jamais réellement remarqué Angelo Argo, étudiante piercée, tatouée et dont les remarques acerbes et pertinentes sur le travail de ses camarades-étudiants le ravissent, celle-ci fait irruption dans son bureau pour lui demander de lire les premières pages du roman qu’elle écrit. Swenson est ébahi par le talent de la jeune femme et noue peu à peu une relation ambigue avec elle. La peinture du milieu universitaire américain brossée par Francine Prose est particulièrement plaisante, notamment dans la description des personnages, profs, élèves ou collaborateurs éducatifs. Sans être d’une folle originalité, ce roman est particulièrement ironique sur le processus de création littéraire avec ce prof, qui n’est pas fichu de finir son propre manuscrit et qui se pâme devant celui d’une de ses élèves (à ce sujet, c’est sans doute le passage le moins convaincant, la qualité du roman d’Angela dont les extraits ne sont pas à tomber par terre) et les discussions à la limite de la branlette intellectuelle des étudiants sur la qualité de leurs nouvelles. Et en cela, c’est assez réussi et jouissif pour mériter d’être lu.

Bon à part ça, je suis en train de lire un pavé assez génial et là ça sera pour le coup une bonne grosse chronique des familles pour en parler. Promis.

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In: What's up today Dahlia? - Sunday 30 March 2008 @ 21:15 - Comments (1)

Je suis partie à Paris sous la pluie et je rentre à Toulouse sous la pluie. L’illustration la plus parfaite de l’expression “boucler la boucle”. J’ai vu plein de gens toute la semaine, bu un café avec une vieille copine de collège, qui n’a pas changé, c’est ahurissant, rencontré des copains blogueurs, diné avec mon ex qui est passé en deux ans et demi de connard prétentieux à jeune adulte qui a pris de la hauteur, j’ai encore une fois raté les expos que je voulais voir (grrrr) et me suis couchée à des heures tellement indécentes que j’ai à peine eu le temps d’écrire. Et putain comme je suis crevée. Pour ceux qui se demandent si c’est également pour des raisons absolument obscènes et amorales… Hé bien la réponse est vachement oui. Et j’ajoute que c’est ça qui fait le plus de bien.

Strictement Confidentiel: ce sont les autres qui en parlent le mieux

In: Bouillon de culture, Ouèbe - Friday 28 March 2008 @ 20:14 - Comments (4)

J’avais dans l’idée de faire un énorme post sur la soirée d’hier. En gros, la première vraie soirée de Strictement Confidentiel (que vous devriez commencer à bien connaître depuis le temps que j’en parle ahum). Et pis en fait… je trouve que certaines des personnes qui étaient présentes l’ont fait mille fois mieux que moi. Vous savez comment c’est, quand on est pas directement impliqué, on a parfois plus de recul pour apprécier les choses. Voici donc les impressions de MamZ’ et le très long post réhaussé de sublimes photos (je dis ça parce que ma bobine y est parfaite) de Mandor.

Pour conclure, je dirai juste… Merci à tous ceux qui sont venus et qui nous soutiennent tout simplement.

Flowerbone

In: Bouillon de culture - Thursday 27 March 2008 @ 16:28 - Comments (0)

Rien de plus déroutant qu’un livre que vous avez convoité pendant des jours, des semaines, que vous avez fantasmé à n’en plus pouvoir à force de scruter sa couverture, dont vous avez attendu avec les pages avec délices et qui vous échappe péniblement. La dernière fois que j’ai été confrontée à ça, c’était Babyji d’Abha Dawesar. Ah cette désagréable impression d’avoir été flouée, cette sensation de ne pas lire ce à quoi on vous a préparé.

Pourtant Flowerbone, l’objet s’entend, est sublime. Une couverture à tomber en adoration (la photo de Joan Bennet dans Rue rouge de Fritz Lang), un titre sybillin qui aimante immédiatement, et un résumé qui offre la promesse d’un récit d’anticipation où les cyborgs redécouvrent sensualité, instinct à travers l’une d’elle. Yvonne donc, qu’on programme à retraverser le siècle sous la forme d’une femme brune et séduisante pour comprendre les méandres de la nature humaine et savoir où elle échoue et se perd. Pas de l’anticipation à gadgets, plutôt de l’ordre de l’onirisme éthéré tant dans la façon de raconter que d’écrire.

Ce que Robert Alexis fait avec beaucoup de grâce, en vérité. Une écriture élégante, recherchée et presque alanguie à force d’images ondoyantes. Le récit débute au moment où Yvonne se réveille sous sa nouvelle identité, se touche et découvre sa peau, ses sensations, les fonctions vitales de son corps mi-humain mi-robot avant d’être réexpédiée dans le New York des années 20 et lui faire parcourir tout le siècle sous les traits d’une femme qui a l’allure des actrices hautaines et mystérieuses des films hollywoodiens des années 40. C’est très beau. Ce qui fait d’autant plus regretter un manque terrible: la capacité à conter. Flowerbone est séduisant, très séduisant, pourtant l’histoire ne prend jamais véritablement, on la suit comme si on était séparé par une vitre qui la rend hermétique, froide, et même ennuyeuse. D’ailleurs il se passe quelque chose d’étrange avec Flowerbone. On ouvre les pages au hasard, on relit un paragraphe, on admire sans ambages l’écriture de Robert Alexis. Quand on lit le roman dans la continuité… La magie n’opère pas. Bizarrement, repenser à l’ambiance de Flowerbone est très agréable, d’autant que la cyborg passe par plusieurs entités féminines: espionne, star de cinéma, prostituée… et à chaque fois étudie ses propres réactions ainsi que celles de ceux qui l’entourent. L’ambiance, c’est ce qui reste de ce court roman dont l’histoire n’est pas incompréhensible, elle se situe plutôt au niveau du non-identifiable. Mais il y a une bonne chose dans Flowerbone. Il donne très envie de découvrir les livres précédents de Robert Alexis. Histoire de voir s’ils arrivent à réunir l’ambiance et la capaciter à conter, donc. Surtout quand on a une écriture d’une beauté formelle aussi évidente.

Flowerbone - Robert Alexis (2008)

Flowerbone, Robert Alexis, Editions José Corti, 2008, 156 pages

Comment casser un mythe pute-à-frange

In: Et pendant ce temps-là à Vera Cruz - Wednesday 26 March 2008 @ 18:35 - Comments (1)

Une devinette là vite fait. Qui est cette blonde au sourire niais, au brushing digne des plus beaux moments de Santa Barbara, et qui semble aussi attrayante qu’un yaourt 0% de chez Aldi marché?

wow

Vraiment, vous ne voyez pas? Allez un effort, toutes les nanas qui se mettent à la photo de pin-up fetish veulent lui ressembler.

ah ouais

Hé ouais, il s’agit bien de Dita Von Teese. Ca calme, pas vrai?

Lundi de pâques

In: Et pendant ce temps-là à Vera Cruz - Monday 24 March 2008 @ 20:46 - Comments (0)

Bon alors pour ceux qui se le demandent, à Paris il fait froid, il pleut et y a même de la grêle. Pas l’idéal pour se promener, mais par contre c’est parfait pour aller au ciné, visiter les librairies du boulevard saint-germain, d’ailleurs saviez-vous que la librairie la Hune est ouverte de 10h à minuit? Le rêve quoi. Et en plus, avec vue plongeante sur le Café de Flore. La totale.

Sinon vu qu’ajourd’hui c’est férié et que seuls les restaus étaient ouverts et pas les supermarchés, dès demain, on pourra se gaver de chocolat à moitié prix puisque Pâques sera passé. En attendant, Daria tourne en boucle et j’ai enfin vu 28 jours plus tard qui m’a réconcilié avec Danny Boyle réalisateur.

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