Plante-moi cette fourchette dans le front steuplé

In: Relations (in)humaines et (as)sociales - Tuesday 30 June 2009 @ 23:31 - Comments (3)

Ce soir, mon père au téléphone… Après avoir accepté de m’envoyer un petit chèque pour que je fasse les soldes (sachant que sur ses trois enfants, je suis sans doute celle qui ne lui demande jamais rien et surtout pas de l’argent), que j’ai remercié, certes avec un sms, mais remercié tout de même, voilà qu’il m’apostrophe pour me dire que j’aurai pu le prévenir que j’avais bien reçu l’enveloppe. Oui bon ok, j’aurai pu. “Et tu aurai pu me remercier!” Je l’ai remercié en lui demandant et même après, mais soit… “Et tu m’as pas souhaité la fête des pères, même ton frère et ta soeur y ont pensé! Alors que je suis sûre que tu y as pensé pour ta mère!”. Ces dans ces moments-là que vous avez envie de péter la gueule aux inventeurs de toutes ces fêtes à la con, d’ailleurs en y réfléchissant bien, on devrait arrêter d’obliger les mômes à faire ça tous les ans et plutôt leur apprendre à offrir de temps en temps une rose, amener le petit dèj au lit enfin ce genre de trucs, moi c’est ce que je faisais. Donc non, je n’ai pas souhaité la fête des mères, ni des pères, mais je me demande pourquoi l’une des deux ne m’a rien dit à ce sujet. Je pense aux anniversaires, à dire bonne année, des choses qui me paraissent foutrement plus importantes. Conclusion de mon père “Je sais que tu as d’autres choses à penser en ce moment, mais ne penses pas qu’à toi, ce que tu as un peu trop tendance à faire des fois…” Bon dieu, mais vaut mieux entendre ça que d’être sourd. C’est comme ça, vous discutez avec votre maman qui est authentiquement heureuse de ce qui vous arrive et une heure après, votre père vous dit ça. C’est pas grave, je le rappelerai demain, une fois que la pilule sera passée. Je l’aime, mais comment trouve-il toujours le moyen de me mettre en boule à ce point, ça c’est un truc qui risque malheureusement pas de s’arranger avec le temps… Bah il y a deux mois, il s’agaçait parce que je ne signais pas sous mon (= notre) nom, on va dire qu’en comparaison c’est plutôt cool. :)

[Autour de Adore] Revue de presse #3

In: Publications & Star-system - Sunday 28 June 2009 @ 23:17 - Comments (3)

S’il y a bien un type de magazines dans lequel je n’aurai pas imaginé avoir un article à propos de Adore, c’est bien la presse gay. Comme quoi, les idées reçues, c’est fait pour être contourné, c’est bien connu! Je remercie Antoine Dole qui m’offre une double page dans PREF Mag. Le n°33 spécial été, en kiosques depuis hier, numéro spécial sexe aussi…

Ok, photo de couv’ de piètre qualité shootée à 11h du soir, mais je vous assure qu’il y a mon nom sur la petite ligne rose tout en bas! Sous le pavé “Transgression, interdits, pornographie, no limit…”, la classe.

Doubla page donc. Une belle critique du livre, suivie d’une interview-mail à propos du blog, du livre et de la publication… Plus deux des photos de presse réalisées par Kelly B., je me dois de le préciser ici puisque le crédit photo a été omis. Quoi qu’il en soit, bienvenue aux lecteurs de PREF Mag, en espérant ne pas trop faire mentir ce que je disais dans l’interview à propos de la fréquence de mise en ligne des posts de My Way Or The HighWay… (en dépit de ce que j’ai dit ici ahuuuum :D)

Burn your idols!

In: Bouillon de culture - Tuesday 23 June 2009 @ 21:27 - Comments (2)

Souvenir d’août 2007 au cinéma. Tel père, telle fille, adapté de Teen spirit de Virginie Despentes. Patrick Eudeline, cheveux gras, lunettes noires plantées dans le visage qui assure d’une voix éraillée à Vincent Elbaz que si, si pour relancer sa carrière dans la musique, rien de mieux que jouer avec un groupe jeune, du sang neuf, qui ont la vie devant eux… Et là, on se rend compte que le groupe en question, n’est autre que les Second Sex.
Quelque part tout est dit. Patrick Eudeline, tout comme Philippe Manoeuvre, ces dinosaures de Rock&Folk qui ne cessent de vouloir perpétuer cet « âge d’or du rock’n’roll » quitte à encenser des copies Canada Dry à peine pubères des idoles de leur jeunesse, sont littéralement restés coincés à cette époque soi-disant bénie de la reine des musiques
.”

Pour lire la suite de ma critique du roman Rue des Martyrs de Patrick Eudeline, rendez-vous sur Discordance !

Soulagement

In: What's up today Dahlia? - Sunday 21 June 2009 @ 19:49 - Comments (5)

Bon je n’y arrive plus. Je n’arrive plus à écrire sur le blog et ça fait déjà quelques semaines que ça dure. Je cherchais à mettre le doigt sur ce qui n’allait pas sans y parvenir, hier je crois que j’ai enfin compris. L’an dernier, quand j’écrivais Adore, j’étais mûe par une urgence et une rage qui a fait que le livre s’écrivait sans temps morts et sans m’empêcher d’alimenter deux blogs, en sus de chroniques pour Discordance. Mais là depuis quelques semaines, je sens que je ne peux plus fonctionner de la même façon pour l’écriture d’Améthyste. Dès que j’arrive devant mon PC, toute envie d’écrire sur le blog me quitte. Indépendamment du fait que travailler sur un écran est un enfer dès qu’on a passé le mois surtout dans un appart sans clim’ (bosser avec un papier et un stylo, au pire, tu met un buvard sous ton poignet) et me dites pas que je pourrai me mettre dans l’herbe avec le wifi. Quand j’arrive dans l’herbe moi je bouquine ou je sieste. Le fait est que le manuscrit d’Améthyste ne mûrit pas de la même manière, n’a pas les mêmes exigences qu’Adore et que je commence à culpabiliser de m’en occuper mal… alors que je m’occupe tout aussi mal du blog et encore plus mal de Discordance!

L’approche de l’été est donc le meilleur moment pour… prendre des vacances. Les télés et les radios le font bien, elles. Alors pourquoi pas moi? C’est pas une révérence que je tire, non je ne vais pas vous faire une sortie bien théâtrale genre “j’arrête ce blog, tout cela ne m’apporte plus rien!” (on les connait hein les histrioniques qui en l’espace de trois ans ouvrent et ferment un blog environ tous les six mois en jurant qu’on ne les y reprendra plus, et qu’être adulte, c’est d’autres priorités que branler un clavier sur wordpress ou blogspot :D). J’annonce juste que je met My Way Or The HighWay au ralenti entre juin et septembre. Marre de culpabiliser parce que je n’arrive à tenir un post quotidien et pas envie de me forcer en écrivant de la merde. C’est pour le bien de tout le monde, à commencer par ma pomme. Je vais continuer à venir ici de temps en temps, sur Discordance aussi mais là je ne peux pas tenir la même cadence. C’est pas un adieu, même pas un au revoir. Je ne reste pas loin de ma maison virtuelle, je viendrai arroser les plantes et remplir les frigos. A très bientôt donc! Il va de soi que je continue à faire la social whore sur Facebook (voire les related links là à droite!) pour ceux qui veulent lire des statuts à la con. Et puis, oh il y a aussi une autre raison au ralentissement… Le bonheur. On n’imagine à quel point ça prend du temps le bonheur.

Méfiez-vous des souris

In: Et pendant ce temps-là à Vera Cruz - Wednesday 17 June 2009 @ 21:52 - Comments (12)

Quand je fais mes courses c’est généralement pas très long, je connais sur le bout des doigts ce qui compose mon panier de ménagère, remplit mes placards et mon frigo. Mais hier, en remplissant mon caddie au rayon jambon de Auchan, je suis tellement restée comme deux ronds de flan qu’il fallait immortaliser.

Il existe donc des pubards assez psychopates pour vendre aux parents des tranches de jambon en forme de tête de Mickey? Non parce que déjà, le jambon c’est sans doute l’aliment le plus simple à faire bouffer aux enfants (que celui-ci qui n’a jamais kiffé le jambon-haché-purée quand il était gosse lève la main), mais en plus pourquoi les pervertir avec une putain de tête de Mickey dans leur assiette? Rappelons-le ce personnage est sans doute le plus faux-cul et sournois que Walt Disney ait créé: toujours loyal, toujours sympa, fidèle à Minnie, tonton génial avec ses neveux, toujours du côté de la police (il passe son temps à faire de la lèche au commissaire Finot), jamais un mot plus haut que l’autre… Le type même de personnalité inquiétante par tant de bonté et de droiture, qu’on imagine sans peine capable de vous tronçonner la gueule un jour, sans que vous l’ayez vu arriver. Le seul film qui avait partiellement révélé la nature dangereuse de Mickey, c’est sans conteste Qui veut la peau de Roger Rabbit? où la souris démoniaque est capable de dire en rigolant à Eddie Valiant que s’il saute sans parachute, il peut mourir haha-haha:

Brrrr. Et par-dessus le marché, ce pack de quatre tranches de jambon coûte la bagatelle de 2€25! Jeunes parents, pitié, épargnez ça à vos enfants! Ils n’ont guère besoin de ce type de saletés pernicieuses!

Trésors cachés des disques durs #1

In: Publications & Star-system - Monday 15 June 2009 @ 20:26 - Comments (4)

[Le texte qui suit a été écrit en août 2008 pour Parano. C'était dans le cadre d'un "concours" interne pour le secteur ETC, qui comme son nom l'indique était un secteur tourné vers les livres et la création littéraire. Le thème choisi était "Orgie", je me suis donc laissée tenter. Curieusement, le mien relativement onirique n'a pas du tout plu et les responsables ont préféré une courte nouvelle beaucoup plus crue, mais plus convenue aussi. Plutôt que de laisser perdre le mien, je décide donc de le mettre en ligne ici.]

Ils allaient bientôt m’étouffer sous leurs peaux et leurs souffles. Tout avait commencé comme dans un rêve, j’allais vers eux, marchant dans ces couloirs aux murs suintant comme des arbres coulant de sève. Mes pieds nus sur le sol frais qui exhalait une odeur métallique. Mes craintes. Les ordres étaient venus du très-haut, retrouve-nous là-bas, ne te méprend pas sur les raisons, abandonne toute mesure, abandonne toute proportion, agis, subis, deviens, sois.

Ils m’avaient enserré comme la pieuvre déploie ses tentacules. Oh toutes ces bouches, toutes ces langues. Tous ces flots, ces odeurs marines, comme une marée de chair grossissante. Il n’y avait plus d’heures, plus rien d’autre que cette sensation de perte, de souillure sacrée, comme si je rampais dans des eaux noirâtres, épaisses et que je jouissais de m’y noyer, que je jouissais de m’y tremper, que je jouissais de m’y égarer.

Jusqu’au dernier moment, la peur a léché mes cloisons internes, je n’ai su qu’au dernier moment où je devais aller. J’avais laissé mes chaussures dans la voiture là-haut et m’étais enfoncé dans le sentier qui menait à mes chimères. Ils durent me tirer quand j’écartais le rideau au fond de ce dernier couloir, je restais ancrée dans le sol, muette et stupide. Combien ? Toutes ces mains se refermant sur moi. La sueur. La salive. Oh la délicieuse viscosité des membres et des replis. J’étais saoule, complètement saoule de les boire, j’allais en vomir, j’allais en mourir, mais je continuais.

Le vertige de perdre conscience de soi tout en se sentant jusqu’au bout des extrémités. J’embrasse. J’avale. Je prends. Je suinte. Et le répit ? Mais quel répit ? Que faire quand les corps tombent et se succèdent l’un après l’autre comme au champ d’honneur ? Les murs de la pièce commençaient à transpirer et à tanguer, il me semblait que le plafond s’ouvrait lentement pour me laisser flotter dans l’espace, j’étais transportée tout en restant clouée sous les autres. Et je gémissais comme on pleure, et je criais comme on expire.

Est-ce que je les voyais ? Je distinguais parfois un regard, une bouche, une chevelure qui flashait ma rétine plus qu’une autre, mais plus souvent, ils n’étaient tous qu’un magma indifférencié de chair et de soupirs. Tout avait commencé comme dans un rêve et tout se déroulait presque comme dans un rêve. J’étais éveillée, tellement en alerte. S’il fallait que je me souvienne réellement de tout, je sais qu’il faisait chaud comme dans le corps d’un lapin tout juste éventré, que nos vêtements gisaient un peu partout comme des fleurs coupées et que j’avais tellement l’impression d’être fouillée comme une terre humide. Je m’émiettais littéralement entre leurs doigts.

L’overdose me guettait. On ne meurt jamais de ça. J’allais juste m’évanouir. Réveille-toi !

L’impression de tomber dans un précipice. Les voix me retenaient, que t’arrive-il, qu’est-ce qui se passe, c’est rien, elle a juste joui trop fort, elle va mettre un peu de temps à revenir. Je ne sais toujours pas si je suis revenue.

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