[Autour de Adore] Revue de presse #4/Une réaction de lecteur parmi d’autres…

In: Publications & Star-system - Wednesday 30 September 2009 @ 18:27 - Comments (2)

Dernier jour de septembre. Voici près de trois mois et demi que Adore a été publié (et fuckin’ miracle, il existe encore physiquement dans un paquet de librairies et ce malgré la sacro-sainte rentrée littéraire, vous savez celle qui fait du pousse-toi-de-là-que-je-m’y-mette sur toutes les tables et étagères…), je pense que la revue de presse du livre touche tranquillement à sa fin. Quoique avec le web hein, on n’est pas à l’abri d’un papier un de ces quatre… Mais bref, l’ensemble de la revue de presse (web et “tradi”) est désormais regroupée sur une seule page avec tous plein de pdf parce que c’est plus simple à visionner tranquille et c’est là que ça se passe. Depuis la dernière fois, se sont ajoutés les avis de Bricabrac (plus que séduite, fascinée), Becdanlo (qui évoque Les mille et une nuits), Anne-Sophie de La Lettrine (surprise, elle n’est pas la seule du reste, par “[ma] retenue”, “[ma] sagesse”, en contraste avec… ce blog, et qui s’attendait à de la torture ou du moins du sexe débridé). Et puis enfin trois articles “papier” (ceux qui rassurent… surtout les proches genre “ah ouf, t’as eu une parution magazine!”): Patrick Bénard pour Yonnemag (qui me rajeunit de quatre ans WTF, et aime les références musicales du texte, mais pas que), Catherine Chaillet pour L’Est Républicain (suite à une lecture plus qu’enthousiaste “Comment avez-vous capté aussi bien la psychologie masculine? C’est fou!”, elle m’a interviewée dans le cadre des Mots Doubs sans déformer mes propos… et ça c’est vachement bien, tout comme ma trombine prise sur le vif) et la fameuse double page dans le PREFmag de juillet-août qui a fait dire à plusieurs de mes amis “Bon dieu, mais t’es le seul élément féminin du mag!” (ils auraient dit “toi au milieu de toutes ces bites, ma parole” ça aurait été plus juste disons, aïe oui, pardon je sors :D).

Parmi les nombreuses réactions de lecteurs que j’ai reçues par mail, il y en a une qui m’a particulièrement frappée, puisqu’elle entrait en butte avec les critiques émises notamment par Marie Lebrun et Anne-Sophie Demonchy sur la “simplification de la psychologie du personnage de Verlaine”. Je ne connais pour ainsi dire pas la personne qui m’a écrit ceci, si l’on considère que se croiser régulièrement dans les mêmes sphères web et avoir parfois échangé quelques mails peut en attester. Nous savons juste qui nous sommes mutuellement. Mais suite à la lecture d’Adore, voici ce qui s’est passé en lui (j’ai flouté le nom de “son Anabel”):

Enfin, last but not least (j’ai gardé pour la fin la chose qui m’a le plus touché), l’homme qu’est Verlaine. Sa façon de penser et d’agir, à peine caricaturée, m’a renvoyé à ce que je suis moi-même. Et je suis sûr que plusieurs de tes lecteurs masculins le ressentiront. Moi ça m’a sauté dessus, j’en ai pris plein la gueule, à tel point qu’en refermant ton livre —et là je ne déconne pas— j’ai failli appeler ***. Car vois-tu, je suis le Verlaine d’***, elle est mon Anabel ; avec tant de points communs (y compris les 10 ans d’écart) que ça m’a assez heurté.
Je suis encore en train de me poser la question : dois-je la rappeler… Rarement un livre m’a provoqué une telle crise existencielle aussi ciblée, précise, sur une relation.
Je pense qu’elle ne serait pas heureuse à long terme avec moi, que je ne la mérite pas, et je me suis peut-être tellement grillé à ses yeux qu’il doit être trop tard, mais l’amour d’Anabel pour Verlaine est strictement le même que celui qu’*** me porte, et son attitude à lui est la mienne.

C’est le seul témoignage écrit que j’ai, mais je ne compte plus le nombre de réactions masculines qui se sont vues tendre un miroir avec Verlaine et qui ont eu cette réaction de “plein dans la gueule”, ou plein l’estomac… Quand je pensais que surtout les filles se reconnaitraient en Anabel et le diraient! Difficile à interpréter. Quand j’écoutais Le masque et la plume il y a peu et entendait les critiques s’écharper pour savoir si les critiques femmes kiffaient plus le dernier Marie N’Diaye et que les critiques hommes avaient du mal avec (parce que les hommes en prenaient pour leur grade), je souriais en pensant au sort de mon Adore qui ne fait de cadeaux ni aux hommes ni aux femmes. Ce qui ne veut pas dire qu’il les juge ou ne les aime pas. Bien au contraire. Et visiblement ça marche.

Ce livre continue à vivre sa vie tranquillement, j’enfonce des portes ouvertes, mais ça me fait drôle de continuer à en parler alors que l’écriture d’Améthyste est plus qu’avancée et que d’autres personnages sont sur les rails. Et comme d’hab, je ne sais pas conclure un post, il va falloir que ça me passe un jour.

Match (sans) retour

In: Bouillon de culture - Saturday 26 September 2009 @ 19:39 - Comments (0)

Grand championnat de rugby dans la pointe Nord de la République. Volmeneur, le club favori qui dispute le premier match est confronté à une désagréable surprise alors que les joueurs regagnent les vestiaires : on a utilisé le sac de sport de l’un d’eux pour y ranger un corps démembré et carbonisé.
Fénimore Garamande et Casilde Binasse, les deux Enquêteurs Provinciaux chargés de l’affaire. D’abord désorientés alors qu’ils recueillent de maigres indices, Fénimore et Casilde voient chaque nouveau match du championnat ponctuée d’une mort spectaculaire qui emprunte à la mythologie – intuition corroborée par la présence de notes en grec laissées près des corps, et qui seraient liées aux textes d’Héraclite.

Pour lire la suite de ma critique du roman Match aller de Julien Capron, rendez-vous sur Discordance !

[Bouquins] Critiques express #3

In: Bouillon de culture - Friday 25 September 2009 @ 17:58 - Comments (0)

Un prof bien sous tout rapport – Eric Bénier-Bürckel

Bien avant de s’octroyer bien malgré lui un vrai succès de scandale grâce à son livre Pogrom, Eric Bénier-Bürckel publiait un premier roman posant les bases de son univers : l’exploration complète du mal sous toutes ses formes. Un prof bien sous tout rapport, c’est le quotidien de Baptiste, une trentaine d’années et qui enseigne la philosophie dans un lycée de la banlieue parisienne. Il est beau, très beau, au point de faire craquer toutes ses élèves et puis à l’en croire quasiment toutes les femmes qui l’entourent. Il est également un serial-killer froid, mysogine, raciste, haineux, il se récite les noms des auteurs qu’il a lu comme des amulettes, baise, puis tue, puis se fait chier, puis… Ca vous rappelle quelque chose? Oui, EBB avoue clairement son hommage à BEE avec ce décadrage assumé de son livre-culte. Exercice de style sans aucun doute vertigineux pour l’auteur (400 pages de gore sous toutes les formes: grand-guignol, invraisemblable, comique, à gerber etc, des phrases bien grasses sur les femmes, les immigrés…) mais qui sombre rapidement dans un empilement insoutenable… d’ennui. Ce n’est pas hypnotique, c’est répétitif. Comme si EBB s’amusait à verser dans l’extrême trash pour envoyer chier son lecteur, genre “T’en veux de la tripaille? Tiens, bouffe!” Dans l’idée, c’est plutôt marrant, caustique même. Sur la longueur, c’est épuisant, pas très drôle, un peu vain. Contrairement aux autres romans de EBB. Comme quoi…

Un prof bien sous tout rapport, Eric Bénier-Bürckel, Editions Petrelle, 2000, 431 pages

New York Fantasy – Olivier Jacquemond

New York, ville fantasmatique. Le narrateur de ce roman – étudiant en proie au vide de sa vie – échange une capitale contre une autre en quittant Paris pour la Grosse Pomme, dans l’esprit voyage initiatique, le trip qui lui donnera enfin des états d’âme qui lui font tellement défaut. Il bosse comme un serveur dans un bar, couche avec une entraineuse du lieu, passe de roomate en roomate (des plus sympas aux plus crasseux et dégénérés), déplie la carte postale des quartiers new yorkais sur fond de Leonard Cohen, case un secret de famille au milieu et un père putatif en la personne du vieil écrivain americain alcoloo et critique de rock. En vrai rien ne manque, tout est à sa place dans New York Fantasy. Olivier Jacquemond écrit délicatement, de la plus agréable des manières, polit ses phrases, au point de policer et réduire son propos au simple “j’ai passé un an et demi à New York, ça m’a pas transfiguré comme je l’espérais, mais je vais quand même en rendre compte parce que je me suis trouvé malgré tout.” Plaisant mais (trop) convenu.

New York Fantasy, Olivier Jacquemond, Editions Mercure de France, 2009, 121 pages

Cubes – Yann Suty

L’enfance du narrateur de Cubes est marquée par la présence d’un étrange voisin, qui réside à quelques kilomètres de sa maison, dans une banlieue parisienne. Le Duke, milliardaire fascinant dont la propriété est isolée par une forêt touffue alimente bien des fantasmes, à commencer par ceux du narrateur et son ami Alexis qui un jour font une étrange découverte en observant son jardin à travers en se perchant dans les arbres: d’énormes cubes de verre sont entreposés dans l’herbe… C’est le début d’une intuition, puis d’une obsession pour le narrateur. Sa vie est-elle gouvernée par les cubes? Et si chaque moment de son existence n’était pas dûe au hasard mais à la présence de ses formes tranchantes, fermées sur elles-même? Sur ce point de départ improbable, Yann Suty construit un roman étrange, entre paranoïa et fantastique, où l’on se laisse envouter comme dans une histoire de K. Dick. Menant son récit avec une écriture enlevée et précise (mention spéciale à l’utilisation des parenthèses comme autant de façons de reprendre son souffle), Yann Suty se perd parfois en route, délaissant plusieurs points que le lecteur aimerait volontiers plus approfondis (qui est vraiment le Duke?) jusqu’à une fin qu’on est obligé de lire au moins deux fois pour saisir toute la portée de ce qui a précédé. C’est néanmoins sacrément réussi.

Cubes, Yann Suty, Editions Stock, 2009, 290 pages

Change my pitch up, smack my bitch up

In: Et pendant ce temps-là à Vera Cruz - Saturday 19 September 2009 @ 23:52 - Comments (2)

Kelly a parfaitement résumé la soirée d’hier au Bikini et je me dis qu’il va falloir qu’on surveille un peu plus souvent la prog des 80’s et 90’s des vendredis :)… J’ajoute juste qu’à chaque fois qu’on passe du raï en soirée – en l’occurence Ya Rayah – il y a toujours deux nanas pas lesbiennes pour deux sous qui vont se frotter l’une à l’autre et danser lascivement (ou essayer), croyant que leurs efforts vont subjuguer tous les mâles de l’assemblée. Et elles ne récoltent que des commentaires langue-de-pute de deux autres nanas qui se disent que la bisexualité en bois devrait cesser d’être pensée comme un accessoire de mode. :D Souvenir vidéo en prime qui prouve que pour une bonne soirée 90’s il est de bon ton de passer de la merde eurodance au bon rock de nos années lycée ^^

Y a-il un esprit dans la machine?

In: Bouillon de culture - Thursday 17 September 2009 @ 15:24 - Comments (0)

Deux ans après Technosmose, Mathieu Terence récidive sur les thématiques du corps et de l’esprit, dans leur acception première : entrant en collision l’un avec l’autre avec violence.
Côme Syracuse, jeune français expatrié à Taiwan est employé par Biosoft, entreprise spécialisé dans le commerce de l’éternelle jeunesse grâce au travail sur les cellules-souches. Tenu d’une main de fer par Camilla Camarro, Biosoft garde jalousement le secret de ses produits et a régulièrement recours à des espions et contre-espions pour surveiller que rien ne filtre des magnifiques tours asiatiques où se préparent les potions de demain. Côme, persuadé d’être un bien piètre limier et hacker se réfugie dans l’écriture de carnets intimes où il relate ses activités et ses réflexions autour du devenir de l’humanité. Côme nourrit également un autre fétichisme qui provoque en lui autant de trouble que de honte : le goût des femmes aux corps handicapés ou atrophiés qu’il raconte également dans ses carnets.

Pour lire la suite de ma critique de L’autre vie de Mathieu Terence, rendez-vous sur Discordance!

Justin, épouse-moi

In: Et pendant ce temps-là à Vera Cruz - Wednesday 16 September 2009 @ 21:06 - Comments (0)

J’espère que chéri ne m’en voudra pas, mais là… Enfin je veux dire, déjà ça, c’était à tomber, ça, y avait de quoi l’aimer jusqu’à la fin des temps… Mais bon la petite fille en moi tombe quand même en arrêt devant le Justin-Pain-D’épice. Mioum mioum.

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