[Autour de Adore] Revue de presse #4/Une réaction de lecteur parmi d’autres…
Dernier jour de septembre. Voici près de trois mois et demi que Adore a été publié (et fuckin’ miracle, il existe encore physiquement dans un paquet de librairies et ce malgré la sacro-sainte rentrée littéraire, vous savez celle qui fait du pousse-toi-de-là-que-je-m’y-mette sur toutes les tables et étagères…), je pense que la revue de presse du livre touche tranquillement à sa fin. Quoique avec le web hein, on n’est pas à l’abri d’un papier un de ces quatre… Mais bref, l’ensemble de la revue de presse (web et “tradi”) est désormais regroupée sur une seule page avec tous plein de pdf parce que c’est plus simple à visionner tranquille et c’est là que ça se passe. Depuis la dernière fois, se sont ajoutés les avis de Bricabrac (plus que séduite, fascinée), Becdanlo (qui évoque Les mille et une nuits), Anne-Sophie de La Lettrine (surprise, elle n’est pas la seule du reste, par “[ma] retenue”, “[ma] sagesse”, en contraste avec… ce blog, et qui s’attendait à de la torture ou du moins du sexe débridé). Et puis enfin trois articles “papier” (ceux qui rassurent… surtout les proches genre “ah ouf, t’as eu une parution magazine!”): Patrick Bénard pour Yonnemag (qui me rajeunit de quatre ans WTF, et aime les références musicales du texte, mais pas que), Catherine Chaillet pour L’Est Républicain (suite à une lecture plus qu’enthousiaste “Comment avez-vous capté aussi bien la psychologie masculine? C’est fou!”, elle m’a interviewée dans le cadre des Mots Doubs sans déformer mes propos… et ça c’est vachement bien, tout comme ma trombine prise sur le vif) et la fameuse double page dans le PREFmag de juillet-août qui a fait dire à plusieurs de mes amis “Bon dieu, mais t’es le seul élément féminin du mag!” (ils auraient dit “toi au milieu de toutes ces bites, ma parole” ça aurait été plus juste disons, aïe oui, pardon je sors :D).
Parmi les nombreuses réactions de lecteurs que j’ai reçues par mail, il y en a une qui m’a particulièrement frappée, puisqu’elle entrait en butte avec les critiques émises notamment par Marie Lebrun et Anne-Sophie Demonchy sur la “simplification de la psychologie du personnage de Verlaine”. Je ne connais pour ainsi dire pas la personne qui m’a écrit ceci, si l’on considère que se croiser régulièrement dans les mêmes sphères web et avoir parfois échangé quelques mails peut en attester. Nous savons juste qui nous sommes mutuellement. Mais suite à la lecture d’Adore, voici ce qui s’est passé en lui (j’ai flouté le nom de “son Anabel”):
“Enfin, last but not least (j’ai gardé pour la fin la chose qui m’a le plus touché), l’homme qu’est Verlaine. Sa façon de penser et d’agir, à peine caricaturée, m’a renvoyé à ce que je suis moi-même. Et je suis sûr que plusieurs de tes lecteurs masculins le ressentiront. Moi ça m’a sauté dessus, j’en ai pris plein la gueule, à tel point qu’en refermant ton livre —et là je ne déconne pas— j’ai failli appeler ***. Car vois-tu, je suis le Verlaine d’***, elle est mon Anabel ; avec tant de points communs (y compris les 10 ans d’écart) que ça m’a assez heurté.
Je suis encore en train de me poser la question : dois-je la rappeler… Rarement un livre m’a provoqué une telle crise existencielle aussi ciblée, précise, sur une relation.
Je pense qu’elle ne serait pas heureuse à long terme avec moi, que je ne la mérite pas, et je me suis peut-être tellement grillé à ses yeux qu’il doit être trop tard, mais l’amour d’Anabel pour Verlaine est strictement le même que celui qu’*** me porte, et son attitude à lui est la mienne.”
C’est le seul témoignage écrit que j’ai, mais je ne compte plus le nombre de réactions masculines qui se sont vues tendre un miroir avec Verlaine et qui ont eu cette réaction de “plein dans la gueule”, ou plein l’estomac… Quand je pensais que surtout les filles se reconnaitraient en Anabel et le diraient! Difficile à interpréter. Quand j’écoutais Le masque et la plume il y a peu et entendait les critiques s’écharper pour savoir si les critiques femmes kiffaient plus le dernier Marie N’Diaye et que les critiques hommes avaient du mal avec (parce que les hommes en prenaient pour leur grade), je souriais en pensant au sort de mon Adore qui ne fait de cadeaux ni aux hommes ni aux femmes. Ce qui ne veut pas dire qu’il les juge ou ne les aime pas. Bien au contraire. Et visiblement ça marche.
Ce livre continue à vivre sa vie tranquillement, j’enfonce des portes ouvertes, mais ça me fait drôle de continuer à en parler alors que l’écriture d’Améthyste est plus qu’avancée et que d’autres personnages sont sur les rails. Et comme d’hab, je ne sais pas conclure un post, il va falloir que ça me passe un jour.


