40° de fièvre, ça aide pas

In: Et pendant ce temps-là à Vera Cruz - Wednesday 30 December 2009 @ 23:07 - Comments (0)

Comme je soigne une angine carabinée (et j’ai testé le masque anti-grippe offert généreusement par mon médecin dans la rue pour éviter de propager mes microbes, c’est fou comme les gens vous font de la place sur le trottoir), mon cerveau est off et avant le retour des vrais posts, voici Tristan, le chat de ma moitié. Parce qu’un chat, même quand ça ne fait rien, ça donne matière à une vidéo.

Histoires de Sexe(s)

In: Cinoche and dividi - Thursday 24 December 2009 @ 16:11 - Comments (5)

Les trucs les plus drôles dans le porno quand on y réfléchit bien, ce ne sont pas les dialogues cons, les acteurs qui jouent mal ou les situations à peine crédibles. Non en fait, pour un paquet de pornos, ce sont les pratique sexuelles mises en scène qui sont hilarantes. Parce que très souvent, elles correspondent très peu à ce qui se fait dans la vraie vie: la double pénétration ultra-acrobatique où la fille prise en sandwich prie pour ne pas s’effondrer alors que ses deux partenaires tentent de bouger chacun leur tour. Ceux qui jouent un couple marié dans le film mais qui utilisent des capotes pendant la pénétration. Ou ceux qui mettent une capote à l’écran mais qui l’enlèvent juste avant de jouir pour éjaculer goulûment sur leur partenaire. Ou les sodomies quasi sans préparation où tout rentre pile-poil en deux secondes. Et la liste peut être étendue à l’aise. Ca n’existe donc pas un film avec des scènes de sexe explicites proches d’une certaine réalité?

Si.

J’ai beaucoup aimé Ovidie quand j’avais 20 ans, puis beaucoup moins parce que le côté féminisme pro-sexe m’a passé avec le temps, au point de ne plus m’y reconnaitre du tout. Autant dire que ces Histoires de Sexe(s), j’y suis plutôt allé avec pas mal de préjugés sur le message d’une part, sur la qualité de la réalisation d’autre part. Aucune envie de voir forcément un truc super militant, super guerrier. Le cinéma qui s’affiche engagé me gonfle, le porno ne fait pas exception. A priori si c’est bien fait, si c’est bien écrit, le message doit passer tout seul sans qu’on ait besoin de le surligner à gros traits.

Histoires de Sexe(s) reprend la structure du Déclin de l’Empire Américain, à savoir deux dîners qui se déroulent simultanément: d’un côté les garçons, de l’autre les filles et dans les deux dîners, certains sont en couple, d’autres non. Ces deux dîners sont autant d’occasions de parler de sexe, sans fard (ou tant que possible sans fard). Le sexe à l’écran est donc explicite, mais sans le crescendo et les figures imposées du porno qui doivent s’enchainer de façon à ce que le spectateur puisse balancer la purée. Tout est visible à l’écran (pénétrations, pipes, cunnis, jeu avec des sex-toys etc) mais ces scènes sont plus là pour illustrer ce que racontent les personnages et sont donc souvent prises sur le vif, en cours d’action, sans la montée en puissance obligatoire du porno (cunni-pipe-pénétration-éjaculation). Impossible donc de le confondre avec un porno à branlette, même si l’ensemble émoustille sans conteste le spectateur. Construit comme une comédie avec des dialogues dans l’ensemble très drôles (surtout ceux des garçons qui déclenchent des fous rires presque automatiques), Histoires de Sexe(s) prend le parti de démonter de nombreux clichés du porno tout en jouant sur les codes du porno, avec un casting d’acteurs et d’actrices porno pour offrir la vision d’une sexualité réaliste. Est-ce que ça marche?

De ce côté-là, oui. Quand la plus jeune du film croit faire plaisir à son petit ami plus âgé en essayant de lui faire une pipe comme décrite dans un magazine féminin pour être une experte du sexe, il l’arrête au bout d’un moment en lui disant “mais attend au lieu de chercher à faire comme dans ton magazine, tu crois pas que tu pourrai me demander à moi comment j’aimerai que tu me la fasses et comment j’aime ça?“. Et elle insiste, s’ensuit ce dialogue: “C’est comme la sodomie, il parait que c’est le fantasme de tous les hommes – Mais demande-moi àmoi si c’est mon fantasme. – Pourquoi? T’aimes pas ça? – Non! Parce que c’est long, c’est laborieux…”. Le couple échangiste du film qui invite un autre couple pour s’amuser sont confrontés au cas du type qui ne bande pas malgré tous les efforts de sa compagne, mais qui font comme si ça avait quand même été super génial. Il y a aussi le gars qui baise sa maitresse et ne peut s’empêcher de lui parler sans arrêt pendant l’acte à coups de “Ouh tu es toute serrée! Tu me sens bien, là! C’est le coup du siècle hein!” et qui ne voit pas qu’elle finit par se marrer alors qu’il s’agite derrière elle! Dans Histoires de Sexe(s), il y a les ratés mais aussi le sexe ludique, tendre et puis l’adrénaline du sexe au cinéma avec un inconnu, avec un ami dans la voiture entre deux ruelles… Le film est fun, très drôle mais aussi franchement réaliste même s’il privilégie la vision d’une sexualité ultra-hétéro, très peu déviante (ça sera peut-être prévu pour un deuxième volet) et qui par moments correspond vraiment à certains clichés habituels sur le sexe (le sex-toy, symbole de la nouvelle femme libérée par exemple.

En fait ce qui pêche réellement dans Histoires de Sexe(s) c’est le manque de moyens et ça se voit à l’écran. L’image vidéo très peu travaillée, les lumières trop froides et parfois crues, des décors réalistes mais souvent trop impersonnels… Et par moment les acteurs eux-mêmes. Il est indéniable que la direction d’acteurs a été prise au sérieux et dans l’ensemble ils sont plutôt bons, mais dans plusieurs séquences on sent que les tics du porno reviennent à fond: quand Sandrine se rend au cinéma porno, s’installe et finit par emballer l’unique spectateur masculin de la salle, ses petits regards et sourires en coin sont tellement ceux du porno qui ça frôle la caricature. Ce sont les seules fautes formelles d’un film par ailleurs très plaisant et plutôt inhabituel. A se demander si ce n’est pas ça qu’on devrait diffuser dans les structures du planning familial et les cours d’éducation sexuelle au collège et lycée pour montrer que le sexe dans la vraie vie, c’est pas comme dans les films pornos…

Et pour finir, on peut visionner la bande-annonce, de nombreux extraits et le making-of ou aller carrément à la VOD sur le site dédié du film.

Bien saignante pour moi!

In: Bouillon de culture - Saturday 19 December 2009 @ 19:58 - Comments (0)

Rickey et G-Man sont de retour ! La dernière fois qu’on a laissé les deux cuisiniers les plus géniaux de la Nouvelle Orléans, ils savouraient enfin le succès mérité de leur restaurant Alcool, dans le roman du même nom. Mais comment Poppy Z. Brite aurait-elle pu abandonner des personnages aussi attachants et savoureux sur le bord de la route en n’écrivant pas une suite à leurs aventures ?
Poppy Z. Brite aime Rickey et G-Man depuis très longtemps (ils étaient déjà dans Petite cuisine du diable !) et cette trilogie culinaire dont ils sont les héros n’est pas seulement un bonheur pour son auteur. C’est aussi et avant tout, un pur bonheur de lecteur.

Pour lire la suite de ma critique de La Belle Rouge de Poppy Z. Brite, rendez-vous sur Discordance !

Badoumouah

In: Et pendant ce temps-là à Vera Cruz - Friday 18 December 2009 @ 14:36 - Comments (0)

L’autre soir, à force de geeker mollement sur des sites de partage de vidéos, j’ai fini par atterir sur celui de Culture Pub et sans le vouloir, je me suis retrouvée malgré moi avec une sélection de pubs de noël. Donc hop.

MTV craque son slaïpe à l’idée de fourrer la dinde.

La bouteille d’Orangina rouge va pas tarder à trancher la bûche.

Le classique sans lequel noël ne serait pas vraiment noël.

Et bonnes vacances à tous ceux qui partent ce soir!

Une chic fille

In: Bouillon de culture - Thursday 17 December 2009 @ 11:42 - Comments (3)

Anna Nicole Smith. Un nom d’artiste qui claquait mieux que Vickie Lynn Hogan. Une héroïne ricaine jusqu’au bout des dents, enfance white trash, un mariage raté, un môme, un boulot de strip-teaseuse. Playmate 90’s, épouse de nonagénaire à 25 ans, veuve à 26, des années de procès pour obtenir l’héritage promis par le testament. The Anna Nicole Show sur E! Entertainment, une carrière d’actrice spécialisée dans le nanar. Mince, puis obèse, puis mince à nouveau puis presque re-obèse. Fils clamsé à 20 ans, presque le jour de la naissance de sa fille. Overdose médicamenteuse, mort à même pas quarante ans. Une tragédie qui hésite entre le pathétique et un film de John Waters époque trash. Une vie dont se sont emparés les auteurs du collectif INCULTE dans Une chic fille.

Un roman polyphonique, une biographie romancée racontée par tous ceux qui ont côtoyés Anna Nicole Smith où chaque membre du colectif INCULTE emprunte tour à tour la voix de la maman, la maitresse d’école, l’ex-mari, la copine du strip-club, le deuxième mari… Et puis les réalisateurs qui l’ont fait tourner, les photographes qui ont fait sa renommée… Dommage d’ailleurs qu’il manque celui qui s’est occupé du clip de son unique single (une reprise foutage de gueule de My Heart belongs to Daddy, histoire d’enfoncer le côté “c’est la nouvelle Marilyn”) et c’est dommage parce qu’il est français, c’est même mon collègue d’à côté!

Toute cette galaxie de personnages raconte “son” Anna Nicole Smith, tissant le tableau d’une grande petite fille, candide, naïve, à la limite de la bêtise, une fille qu’on a envie de gifler et de réconforter en même temps en se disant que décidemment, elle n’a pas eu de chance ou qu’elle a été particulièrement stupide d’avoir ainsi tout eu et d’avoir à ce point tout raté. Le parti pris d’INCULTE de ne dévoiler aucun nom d’auteur pour indiquer qui a écrit quoi se révèle payant et évite à ce livre d’être une simple bonne idée/bonne blague entre copains. Le roman est régulier et fonctionne bien. Tout juste trouve-on des fausses bonnes trouvailles comme faire parler le chihuahua d’Anna Nicole – un paragraphe de “Susucre. Pipi. Caca. Ouaf ouaf. etc” j’exagère à peine – et des traduction systématiques et pas drôles du genre “It’s my bloody money, I don’t give a shit” ramenée à “C’est mon argent sanglant, je ne donne pas de matière fécale.“. Tout comme faire parler deux péquenots en américain devant ses affiches pour la campagne de pub GUESS qui usent et abusent de fuck, et traduire leurs répliques sans les traduire mais en faisant des commentaires “drôles” (quand l’un des types hurle “I will fuck you, you hear me?“, l’auteur transpose en disant “ouais ouais on t’a entendu“, ça se voudrait marrant mais quand les notes en bas de page prennent la moitié du texte et sont toutes de cet acabit, c’est juste lourd).

Une chic fille est un bon roman pop, une autre manière de se réapproprier des images vues jusqu’à la nausée dans les tabloids et les bêtisiers des télé-réalités et soirées de remises de prix sur MTV, une histoire qui fonctionne pourtant indépendamment de ça. Mais quitte à choisir une icône blonde, retaillée jusqu’à la monstruosité, pathétique et morte d’OD médicamenteuse après une triste gloire, pourquoi ne pas s’être jeté sur Lolo Ferrari ? Peut-être parce qu’Anna Nicole Smith traine derrière elle en plus de son histoire une certaine idée de l’Amérique et ses fantasmes. L’Amérique showtime, fracassée et fascinante, une hyperbole à elle toute seule. Comme la junk food, c’est mauvais pour la santé, c’est un plaisir coupable, mais de temps en temps, ça fait du bien.

Une chic fille, Collectif INCULTE, Editions Naïve, 2008, 192 pages

Hey rich girls?

In: Défonce-moi le tympan - Wednesday 16 December 2009 @ 12:35 - Comments (0)

C’est bien notre veine ! Pile quand on se prépare pour partir à l’heure au concert des Virgins au Bikini, on se retrouve pris dans des embouteillages monstres. Impossible de savoir ce qui se passe à Toulouse ce soir-là, ce qui est sûr, c’est que nous verrons de la première partie que les noms des groupes sur l’affiche…
Tant pis donc pour The Red Lips et le deuxième groupe dont le nom m’échappe. Le Bikini est plein comme un œuf, un public essentiellement composé de kids à mèche et chemises à carreaux, tous surexcités. L’ambiance est très teen et il devient difficile de se trouver une place. Le plus gros problème de la soirée sera d’ailleurs l’absence de place réservée aux photographes dans la fosse, qui nous contraint à émigrer dans la mezzanine et compromet sérieusement la review en images du concert…

Pour lire la suite de cette review du concert des Virgins, rendez-vous sur Discordance !

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