Sexe, drogues et pop-corn

In: Bouillon de culture - Wednesday 19 September 2007 @ 09:56 - Comments (0)

Je ne sais qui s’occupe des maquettes de livres aux Editions Naive, mais avec Sexe, drogues et pop-corn, ils ont non seulement réussi réussi à sortir un livre dont le titre est une traduction approximative qui ne rend pas hommage au contenu, mais aussi à faire un résumé de quatrième de couverture qui n’a peu de rapport avec le texte… sans parler du fait de présenter ce recueil de chroniques comme un roman ! Donc d’un côté, je leur en veux d’avoir merdé à ce point sur la com’ et le contenant de ce bouquin, d’un autre, je ne peux que les féliciter d’avoir été continuer à éditer Chuck Klosterman après Je, la mort et le rock’n'roll: une histoire vraie à 85% que je vais m’empresser de lire dans la foulée.

Le titre traduit est donc inexact puisqu’il s’agit de Sex, drugs and Cocoa Puffs, et les Cocoa Puffs n’ont rien à voir avec du pop-corn puisqu’il s’agit de ça:

D’ailleurs dans ce livre, il n’est pas vraiment question de sexe, ni de drogues, à part quelques joints fumés par-ci par-là. En fait c’est justement cette mention des Cocoa Puffs qui est le fil conducteur des chroniques de Chuck Klosterman qui dont la jubilation à décrire certaines vérités de la vie quotidienne et des relations humaines par le biais de la pop culture est drôlement réussie. On croise notamment Pamela Anderson, les Sims, l’émission de MTV The real world, la sitcom Sauvés par le gong, la saga Star Wars ou Paradise City, un cover-band et sosies de Guns’n'roses. Ou même comment l’auteur se demande pourquoi dans la vraie vie, un individu lambda préferera se taper une bombe alors que quand il cehrche du porno sur le net, il cherche la fille la plus banale et girl next door qui soit. Ou son hilarant séjour à l’Experience Music Project, un congrès d’études de la musique pop où il se retrouve entouré de straightedge buvant du jus d’orange et sont sur le pied de guerre à 8h tous les matins pour les conférences. Chuck Klosterman a 35 ans et baigne avec délices dans la pop culture depuis toujours. Sous des dehors légers, ses chroniques sont extrêmement précises et construites et surtout très, très drôles. Il fait partie de ces rares livres où j’ai éclaté de rire, litteralement, à regretter de ne pouvoir montrer à mes voisins d’en face d’en le métro la raison de mes crises d’hilarité. Il faut éviter de se fier à l’extrait de la quatrième de couverture qui n’est en rien représentatif de l’esprit faussement blasé de l’auteur. Difficile ailleurs de citer d’autres extraits ici (désolée chers lecteurs), car chaque chronique suit un cheminement très précis et le hors-contexte prendrait des allures de casse-tête chinois. C’est le talent de Klosterman et quoi qu’on puisse penser du choix de ses sujets, ici rien n’est dit ou pensé à l’emporte-pièce. Arriver à décrypter ainsi et de façon aussi drôle pourquoi la pop culture a défini un pan entier de notre façon de penser et de notre quotidien, c’est quand même du grand art!

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