Put the red shoes and dance on
Tous les gens qui me connaissent savent que je suis plutôt du genre à avoir des baskets aux pieds en permanence – des jolies hein quand même – et que les chaussures à talons chez moi, c’est jour de soirée ou pour faire des photos. Ct’à dire pas souvent quoi. Ce qui ne m’empêche pas de fondre à l’occasion devant une jolie paire d’escarpins, au moins pour le côté fantasmatique et élégant de la chose. Mais s’il y a bien un truc qui me plonge dans des abymes d’extase, ce sont les chaussures rouges. Je crois qu’on ne fait pas plus significatif dans l’imaginaire collectif que les chaussures rouges, associés souvent dans le même temps à la pute et la petite fille. Pour la putain de Babylone et le Petit Chaperon Rouge par exemple… Le moins qu’on puisse dire c’est que ça a inspiré une sacrée dynastie d’oeuvres initiée par Monsieur Andersen.
Hans Christian Andersen, le conteur danois écrit Le souliers rouges parmi d’autres entre 1835 et 1845. Andersen on le sait n’est pas un marrant et généralement ses contes sont extrêmement tristes, cruels et marqués par une certaine morale religieuse. On en chie pas mal chez Andersen, que ce soit La reine des neiges ou La petite sirène pour citer les plus connus. Les souliers rouges sont ceux que convoite la jeune Karen, une orpheline recueillie par une gentille dame aisée. Elle passe devant la vitrine de la boutique qui les vend tous les jours et finit enfin par les obtenir en abusant sa protecrice dont la quasi-cécité l’empêche de réaliser qu’elle lui offre les souliers qu’elle lui avait interdit. Et Karen s’en va danser avec ses jolis chaussures rouges, qui sont en fait ensorcelés. Elle ne peut les retirer et se met à danser des heures, des jours durant, sans pouvoir les enlever, la voilà bien punie de son extavagant désir de coquetterie. Au bord de l’épuisement, elle rencontre dans la forêt un bucheron qui accepte de lui trancher les pieds et de s’occuper d’elle. A force de repentir et de prières, Dieu finit par lui pardonner sous la forme d’un ange qui vient la visiter.
C’est cette histoire qui inspire le cinéaste anglais Michael Powell pour son film Les chaussons rouges en 1948. Dans ce très beau film, malheureusement souvent méconnu, la jeune ballerine Victoria Page (Moira Shearer) devient l’égérie de Boris Lermontov (Anton Walbrook), le très intrinsigeant directeur des ballets Lermontov. Impressionné par le talent de la jeune femme, il crée pour elle le ballet Les chaussons rouges inspiré du conte d’Andersen. Victoria triomphe tous les soirs sur scène, mais entretient une relation amoureuse avec Julian Craster (Marius Goring), le compositeur et chef d’orchestre de la partition du ballet. Lermontov exige de mettre brutalement fin à cette relation car selon lui “une danseuse qui s’abandonne aux delices de l’amour ne sera jamais une grande danseuse“. Victoria est déchirée par le choix qu’on lui impose… et sa décision finale aura des conséquences dramatiques.
Ce film aborde toutes les thématiques de l’art et de l’intégrité qu’il exige et son point culminant est sans aucun doute la séquence du ballet proprement dit des Chaussons rouges sans coupure et qui dure presque un quart d’heure. La voici dans son intégralité:
Les chaussons rouges – Ballet part.1 :
Les chaussons rouges – Ballet part.2 :
En 1993, la chanteuse Kate Bush reprend à nouveau le conte d’Andersen et le film de Michael Powell sur son album tout simplement intitulé… The red shoes.

Elle va d’ailleurs tellement aimer cette thématique, qu’elle va réaliser une série de clips pour cet album dont le fil conducteur donnera le petit film The line, the cross and the curve. Les paroles de la chanson-titre sont sans équivoque…
Quant au clip… il se passe presque de commentaires!
Ah la magie des chaussures rouges… Sans être pour autant un fétichiste de tout ça, je rouve qu’il y a vraiment de quoi être fasciné. Bon même si ce sont des chaussons de danse, je vous l’accorde. Mais s’il n’y a que ça, je vous sors les autres chaussures rouges les plus belles du cinéma:

Dorothy sans ses souliers de rubis aurait-elle été aussi populaire?
Je sais pas si le titre de ton post y faisait référence… David Bowie : “Let’s dance / put on your red shoes / and dance the blues.” Puis, apparemment, il y a aussi un film d’horreur coréen autour de ce thème : http://www.cineasie.com/The_Red_Shoes.html
Comment by joe — Wednesday 12 September 2007 @ 12:03
Non ça n’y faisait pas référence mais maintenant que tu le dis en revisionant le clip… J’aurai dû y penser plus tôt!
=> http://www.youtube.com/watch?v=30AVhf-ZLwM
secondflore, si tu passes par là, n’hésites à remettre ton comment concernant “the red shoses” et Andersen ici ;)
Comment by Dahlia — Wednesday 12 September 2007 @ 20:21
Hello!
Ca fait un petit moment que je te lis maintenant, et décidément, c’est pour ce genre de posts que j’adore ton blog. Le sujet est original et très bien documenté, c’est un vrai plaisir.
Comment by Kalys — Friday 14 September 2007 @ 11:13
Merci beaucoup Kalys, c’est toujours touchant quand la majorité silencieuse qui me lit s’exprime enfin… au plaisir en tout cas ;)
Comment by Dahlia — Saturday 15 September 2007 @ 20:01