Etat des lieux

In: Life is a bitch - Sunday 18 November 2007 @ 20:33 - Comments (0)

Un coeur n’est jamais qu’un muscle bien protégé derrière une cage thoracique, bien à l’abri sous les centimètres carrés d’épiderme. Il a déjà bien assez de barrières solides pour le tenir au chaud et loin des dégats. Un coeur ne se brise jamais pour de vrai, au pire il vous enverra à l’hôpital si vous lui en demandez trop c’est tout. Alors c’est quoi finalement le truc qui fait qu’on a l’impression qu’on vous a scié les côtes et que ce palpitant semble à nu, sans défense aucune, qu’il a soudain toute latitude pour remonter jusque dans la gorge et y appuyer si fort que vous aimeriez enfin pleurer et avaler aussitôt vos larmes pour le faire redescendre là où il doit être? Pourquoi se visualise-t’on soudain comme une poupée extérieurement intacte mais toute cassée à l’intérieur? Ca faisait plus de six mois que mon coeur me fichait la paix, je ne le sentais que sur les appareils de cardio quand je le musclais comme une folle, quand je m’amusais à monter quatre à quatre les escaliers des stations de métro pour remonter à la surface. Un coeur n’est qu’un muscle. Mais je finis par croire qu’il est aussi un animal protéiforme et tentaculaire qui se liquéfie, coule et se déploie jusqu’à chaque extrémité du corps. C’est quand je veux le museler qu’il se rappelle à moi puissance mille. La seule chose que j’aime pas avec mon coeur c’est qu’il me fait toujours payer de l’avoir cadenassé trop longtemps.

Artwork : Fabu

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