L’art de l’auto-promo en littérature…

In: Bouillon de culture, Ouèbe - Friday 1 February 2008 @ 16:17 - Comments (1)

… Bah comme pour le reste, on se met au marketing viral. Parce qu’avec une caméra numérique, un logiciel de montage pas trop dégueu, YouTeub et DailyMotion à disposition et des idées, un jeune auteur peut prétendre à faire sa promo tout seul comme un grand. Ce qui a priori est plutôt le boulot de son éditeur, mais bon même si on a envie de jouer des coudes pour gratter de la place dans les medias dits “traditionnels”, parfois on fait comme on peut avec ses propres moyens. Celui qui s’est le mieux illustré dernièrement dans la petite vidéo potache – et en toute objectivité très drole – pour vendre son dernier roman édité au Diable Vauvert (décidemment ça bouillonne grave chez eux), c’est Julien Blanc-Gras pour Comment devenir un Dieu vivant?:

Comme le dit Julien Blanc-Gras lui-même, c’est un moyen comme un autre de faire sa promo avec zéro euro (même si là, on peut apprécier le cocasse de la situation du gars qui fait du buzz sur le net pour son bouquin et qui finalement réussi à passer à la télé pour en parler et pour le vendre, merci le web, vraiment).

Donc a priori, le marketing viral pour les bouquins – que ça concerne des interviews d’auteurs ou de pures vidéos de promo – c’est, soit pour les jeunes auteurs qui débutent, soit pour les maisons d’éditions qui ont n’ont pas forcément les moyens de se payer un nombre conséquent d’attaché(e)s de presse, d’espaces publicitaires dans la presse ou ne peuvent tout simplement pas lutter avec les Goliaths que sont Grasset, Albin Michel ou Gallimard – pour ne citer qu’eux – pour espérer avec une petite place à la télé.

Aussi quand Flammarion qui est loin d’être la plus pauvre des fameux Goliaths de l’édition se met aussi à faire du marketing viral qui plus est pour un auteur qui vend à la base super super bien (au point de squatter les affiches des Relay gares et métros), j’avoue que je suis dubitative sur la nécessité de la chose. Saluons quand même l’effort:

La suite des vidéos ont d’ailleurs de quoi donner des sueurs froides aux personnes qui ne supportent pas de voir un livre maltraité, voire odieusement torturé. En fait, ce qui ressort de tout ça, c’est que le marketing viral qui était surtout un truc bon pas underground, mais disons réservé à des gens qui n’avaient pas d’autres moyens que celui-là pour faire décoller le bouche-à-oreille soit récupéré par les géants de la chose. A cause de ça, le marketing viral risque-t’il de redevenir un truc pas-sérieux-fait-pour-les-potes?

1 Comment »

  1. Exactement, pas-sérieux-fait-pour-les-potes… le but étant de se faire le plus de potes possible, yep !
    Et sutout, c’est la politesse ultime de l’auteur : faire le dernier pas direct vers le lecteur, au lieu de confier ça à l’éditeur, au distributeur, aux critiques, aux média… au risque de passer pour un marchand de tapis (encore qu’un bon bouquin n’est pas loin d’un tapis moelleux sur lequel se lover, devant la cheminée).

    Comment by Don Lo — Monday 4 February 2008 @ 14:09

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