Cinéma cinéma tchi tcha

In: Cinoche and dividi - Thursday 3 July 2008 @ 19:32

Dans la multitude de sorties ciné de l’été, j’attend avec beaucoup de curiosité celle de Surveillance de Jennifer Lynch. Ce nom vous dit quelque chose? Oui, c’est bien la fille de. Je vous invite d’ailleurs à (re)lire cet article que j’avais consacré en octobre dernier à cette écrivain-réalisatrice. Son nouveau film sort enfin cet été. La bande-annonce laisse peu de doutes sur l’influence écrasante du père…

Plus d’infos sur ce film

Maintenant à voir si sa seule filiation saura attirer le spectateur, sachant que la côte d’amour de David Lynch n’est plus à faire en France.

Les Top 5 de l’été 2008 #1

In: Défonce-moi le tympan - Wednesday 2 July 2008 @ 21:55

Ca faisait un moment que ça me trottait en tête en fait j’ai piqué l’idée au blog musique ou sexe je sais plus, de Fluctuat.net de faire une série de l’été avec des posts à thème. Ca sera mes Top 5 musicaux aux dénominations saugrenues (ou pas), attendues (ou pas), honteuses (ou pas) bref tout l’été et tous les mercredis ça sera comme ça. Ceci dit, rendons à César ce qui est à César pour cette idée lumineuse, ceux qui ont vu le film comprendront.

Aujourd’hui attaquons très fort (enfin très bas parce que je suis un peu pressée et flemme de chercher trop longtemps un top super farfelu) avec mon top 5 des musiques les plus midinettes que j’aime écouter de temps en temps. Je dis “midinette” mais si ça se trouve ça ne l’est pas du tout pour vous. Attention tous mes top 5 essaieront de balayer de l’enfance à… ben à maintenant. Let’s go!

5. Cathy Dennis avec It’s my style en 1992. A réécouter ça, je me dis que Kylie Minogue et Sophie Ellis-Bextor n’ont vraiment rien inventé. Ce qui est un peu normal puisque maintenant, c’est Cathy qui leur écrit des chansons. Pour anecdote, elle est apparue dans un des traditionnels épisodes de bal de fin d’année de la série Beverly Hills 90210.

4. Namie Amuro avec Dreaming I was dreaming en 1997. C’était l’époque où ceux qui écoutaient de la J-Pop et des idol étaient comme moi, des ados passionées par le Japon et les mangas et qui engraissaient consciencieusement les boutiques spécialisées pour acheter leurs albums. Je suis encore très fan de Namie du moins de la période qui précède l’année 2000. Maintenant elle est devenue une réplique de Beyoncé japonaise.

3. Justin Timberlake avec Senorita en 2003. Ce mec a choppé le virus Robbie Williams, qui lui-même l’avait piqué à George Michael. La capacité à faire oublier qu’ils ont fait partie de purs boys-band et produire chacun dans leur genre des titres diablement efficaces et difficilement démodables.

2. Charts avec Je m’envole en 1989. Là c’est du super-lourd. Quand j’avais dix ans, j’étais fan à mort et maintenant j’avoue que j’ai toujours un petit sourire en écoutant. Par contre, qu’est-ce que je me bidonne en revoyant le clip (et les paroles je vous dis pas). Avez-vous reconnu le chanteur à cheveux longs hyper romantique et écorché? Il a fait un duo avec Passi, Zazie lui écrit des chansons et dans un de ses clips récents, il a galoché une fille en apesanteur.

1. Billy Idol avec Flesh for fantasy en 1983. Certes en 1983, je n’ai que deux ans, mais cette chanson sera un tel tube et pendant si longtemps que je pense maintenant que c’est un des premiers morceaux de midinette que j’ai adoré. Comment Billy Idol, ça fait pas midinette? Vous déconnez là? Franchement les images parlent d’elles-même. Rah et puis son décollement de lèvre supérieure inimitable.

Valse avec Bachir

In: Cinoche and dividi - Tuesday 1 July 2008 @ 09:27

Dire que le jury du 62ème Festival de Cannes voulait absolument faire un palmarès “engagé“, “avec des films ancrés dans le réel” et qu’ils ont très injustement oublié Valse avec Bachir au profit d’un sacre final démago et sans audace. A la vision de ce film d’Ari Folman, on espère vraiment que le public, lui ne l’oubliera pas.

Documentaire animé, Valse avec Bachir raconte comment Ari Folman, réalisateur d’origine israëlienne, se met à avoir un flash de la période où il a été soldat durant la Guerre du Liban au début des années 80, juste après avoir bavardé avec son ami Boaz qui lui raconte être poursuivi par un rêve récurrent: il est chassé par 26 chiens qui réclament sa tête. Et 26 chiens, c’est le nombre exact de ceux qu’il a tué pendant la guerre. Ari est à son tour bouleversé par son propre flash: il se voit en train de se baigner dans la mer avec deux autres soldats devant la ville de Beyrouth dévastée qu’ils traversent ensuite dans un silence de mort. Ari décide d’enquêter en retrouvant ses camarades et auprès de plusieurs psy pour comprendre pourquoi les souvenirs de cette période douloureuse ont mis tant de temps à ressurgir et comment il a pu passer toutes ces années en les écartant de sa mémoire.

Ari Folman prend donc le parti de réaliser ce film en animation (voir entre autres le détail de la réalisation dans cette interview), ce qui permet une “distanciation” et paradoxalement une extrême liberté dans le récit. Au final, le film est sublime tant sur le plan visuel que narratif et happe le spectateur dès les premières images, on peut d’ailleurs saluer la très hypnotique partition composée par Max Richter qui épouse avec grâce l’animation. Plus le film avance, et plus on est bouleversé par ces visions dévastées de Beyrouth, les tanks entrent dans les rues en écrasant les voitures, les habitants sont réduits à des silouhettes apeurées et muettes, les enfants palestiniens n’hésitent pas à envoyer des lance-roquettes quitte à se faire fusiller ensuite.

A ces “visions du réel” se mélange une dimension onirique voire cauchemardesque où les hommes se fabriquent des souvenirs à la limite de “l’iréel” pour en supporter la portée. L’animation trouve là tout son sens et permet de rendre le ressenti profond des protagonistes qui interviennent tout au long du film, ces amis, ces anciens camarades soldats, ces psychologues ou psychanalystes qui aident Ari à retrouver sa mémoire et ses souvenirs. On pense à ces mangas post-apocalytiques où les rues sont désespérement vides, les immeubles éventrés, où le temps semble s’être arrêté pour toujours dans le chaos et le conflit. Sauf qu’ici il est impossible d’oublier que nous ne sommes pas dans de la fiction. C’est sans doute ce qui renforce plus encore l’impact de Valse avec Bachir (il s’agit de ce Bachir) où la séquence finale coupe le souffle: Ari retrouvant enfin ses souvenirs et voit soudain une déferlante de femmes pleurant et hurlant comme des bêtes qu’on égorge arriver vers lui. Et là l’animation s’arrête. Ce sont de vraies images des massacres de Sabra et Chatila qui cloturent le film: les corps des femmes, des hommes et des enfants s’amoncellent, les rues sont devenues de charniers, les survivants sont dans une désepérance totale. Ces images vues mille fois dans des journaux télévisés et auxquelles nous finissions par ne plus prêter attention reprennent enfin tout leur sens.

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Une si douce fureur

In: Bouillon de culture - Monday 30 June 2008 @ 11:50

Après la lecture du roman Les liens défaits, je m’étais dit que je ne lirai plus de bouquins de Christian Authier puisque j’en pense à peu près tout ce qu’en avait dit [Le Littéraire.com]. Mais consciente qu’il existe peu de personnes capables de réussir brillament tous leurs livres, j’ai eu envie de pousser un peu plus avant pour voir s’il en avait écrit un à même de me plaire. Et pourtant Stock est sans doute la maison d’éditions dont je me méfie le plus. Les spécialistes de quatrième de couv’ qui ne disent strictement rien sur ce qui se trouve à l’intérieur, et des histoires auto-centrées et un peu chiantes, ils sont très forts pour ça. Pour leurs essais, je ne dis pas, ils ont souvent du nez, mais les romans c’est souvent insoutenable. Pour mémoire, il faut quand même se rappeler que le premier éditeur de Christine Angot c’est eux…

Ce qui m’a attiré donc dans Une si douce fureur de Christian Authier, c’est l’histoire dont j’avais glané quelque échos sur la toile et que je vous restitue puisque ça-y-est je l’ai lue. Le narrateur a aimé Valentine, cette jeune femme qu’on lui a présenté un jour un peu par hasard et avec qui il a connu une romance platonique car dans la courte période où ils se sont vus, sa fiancée Emmanuelle était en vacances mais lui était d’une fidélité à toute épreuve. Puis il perd Valentine de vue pendant près de six ans et en lui grandit ce regret immense: il est sûr qu’elle était la femme de sa vie. Un jour, il reçoit un message à la rédaction du journal où il travaille: Valentine a lu son dernier livre et s’est reconnu entre les pages. Elle reprend contact avec lui et entre eux nait enfin la passion amoureuse qu’ils ont à peine effleuré six ans plus tôt. Mais le narrateur sent la félûre chez cette jeune femme et vit soudain dans la terreur de la perdre.

Tout le livre tourne autour de cette interrogation: est-il bon de vouloir vivre à tout prix ce qu’on a pas su saisir quand il le fallait? Vaste sujet qui peut amener de belles envolées passionées et une violence de sentiments. Bon sauf que Christian Authier, tout ce qui est le versant passioné, furieux et bouillonant de l’amour, c’est franchement pas son truc. Il faut que tout soit modéré, à l’intérieur et surtout que ça y reste. D’ailleurs, on peut aussi se demander si le roman c’est vraiment son truc puisqu’Une si douce fureur est un récit autobiographique sans saveur romanesque, ni véritable élan dans l’art de raconter. Ce qui ramène entre autres à cette insupportable manie qui m’agaçait déjà dans Les liens défaits: l’abus de name-dropping. Valentine lui transmet son goût pour la lecture de Technikart (qu’on se rassure, elle lit aussi Cioran), ils sont tout émoustillés de se rendre compte qu’ils aiment tous les deux New Order (et autres puisqu’il y a un nombre assez conséquent de disques et groupes cités dans le livre), un soir, ils dînent même dans une brasserie de Toulouse (je vous ai pas dit? Christian Authier est toulousain) non loin du comédien Lorant Deutsch et ce qui émeut le narrateur c’est de se dire qu’eux aussi, ils sont incognito puisque la plupart de leurs amis ne savent pas qu’ils sont ensemble. Voilà.

Quelques scènes touchantes sortent du lot - ce récit d’un dîner chez la maman de Valentine où le narrateur retrouve la petite fille en elle - mais c’est un récit sans dialogues ou presque, où les gens se croisent sans jamais produire d’impression durable, on mange dans des tas de restaurants (mais le lecteur ne sait jamais quoi), on a plein d’amis qu’on voit régulièrement (mais le lecteur ne sait pas ce qu’ils se racontent) et puis on aime fort et on est incapable d’empêcher la dépression aux tendances suicidaires de la fille qu’on retrouve six ans plus tard et avec qui on ne connaîtra jamais l’été, puisqu’on l’a aimé seulement le temps d’un hiver. Livre sur le deuil autant que le sentiment douloureux de regret, Une si douce fureur ne vaut que par son côté témoignage qui résonnera sans doute chez ceux qui ont vécu la même chose que l’auteur. Mais sur le plan strictement littéraire, pas d’originalité, peu d’audace et une plume de bon élève un peu fade pour un livre qui se lit en une heure, une heure et demie montre en main. Cette Valentine neurasthénique et diaphane, le narrateur devrait nous la rendre émouvante et il n’y parvient pas. Il devrait nous la rendre aussi inoubliable qu’elle l’a été pour lui et non et non, il n’y parvient pas. Une chose est sûre en tout cas, je suis encore moins sûre de vouloir lire le prochain roman de Christian Authier.

Une si douce fureur (Christian Authier)

Une si douce fureur, Christian Auhier, Editions Stock, 2006, 142 pages

A l’ouest rien de nouveau

In: Bouillon de culture, What's up today Dahlia? - Sunday 29 June 2008 @ 21:50

Décidément, j’ai parfois du mal à piger mes contemporains, enfin les gens du même âge que le mien surtout quand ils se trouvent être mes connards d’ex. Ou leur nouvelle nana. Et leurs hormones affolées tout ça quoi. Généralement quand je vais voir un verre dans un certain bar de la rue de Metz qui est depuis toujours le repère des goths et métalleux de cette ville, je croise donc un de mes exs. Celui qui est tellement accroché à ce bar comme une moule à son rocher que quel que soit le jour, l’heure, la semaine voire le mois où je décide d’y mettre les pieds - généralement avec Furet - je le croise. Il fait partie des meubles voyez. Tellement que hier soir, j’ai même été surprise de ne pas l’y trouver en train d’écluser un demi avec ses potes vêtus de noir dans un coin de la salle. Ce que je dis à Furet. “Aaaah mais tu n’es pas au courant! Attends deux secondes…

Il appelle une de ses copines, très au courant visiblement qui me narre à peu près cette histoire.
Ah mais il a mis sa copine enceinte et elle lui a annoncé après qu’il l’ait largué. (Nom de dieu!) Alors il a voulu revenir avec elle, la queue entre les jambes… (ah ouais, c’est le cas de le dire) Mais elle l’a jeté, elle veut faire son bébé toute seule quoi et elle veut même pas qu’il le reconnaisse. (Par curiosité, quel âge la fille?) Oh 21 ans. Et elle le garde parce qu’elle croyait qu’elle était stérile et que ça sera peut-être sa seule chance d’en voir un…”

Je crois que suis restée sur un “no comment” des familles. Que pouvais-je ajouter à ça sincèrement…

Ah sinon, je me suis rendue compte qu’on avait au moins une ministre bien dans ce foutu gouvernement.

[Warning] Nouveau post sur Behind The Looking Glass

Monster ou l’impossibilité des biopics de serial killers

In: Cinoche and dividi - Saturday 28 June 2008 @ 13:11

J’ai enfin visionné Monster de Patty Jenkins, ce film qui retrace le parcours d’Aileen Wuornos. Plus de quatre ans après sa sortie, je suis assez sidérée par la vacuité profonde de ce film qui a valu un oscar à Charlize Theron, principalement parce qu’elle a accepté de s’enlaidir pour le rôle (quinze kilos de plus sur la balance, lentilles sombres pour cacher ses beaux yeux clairs, prothèses dentaires et masque de latex pour imiter une peau légèrement brûlée).

Bien que spectatrice inconditionnelle de Faites entrer l’accusé, je reste persuadée qu’il n’est pas bon de vouloir porter à l’écran le parcours d’un serial killer ou plus simplement d’un tueur. S’inspirer de faits réels, d’accord (c’est régulièrement le cas pour la littérature), mais s’imaginer qu’on peut restituer la vérité de ce type de personnalité à l’écran me parait hautement difficile voire impossible. Car comment échapper à la tentation de justifier le parcours du tueur?

Dans le cas de Monster, il y a une certaine malhonnêteté dès le départ. Présenter Aileen Wuornos comme la première femme serial killer est assez abusif. C’est une tueuse certes, mais elle est de la race des tueuses à la Thierry Paulin, qui tue par nécessité, pour de l’argent ou des objets de valeur. En l’occurence, dans Monster, on veut démontrer qu’elle tue en grande partie car elle est folle amoureuse de Selby (jouée par Christina Ricci) et que cette jeune femme lui fait bien comprendre qu’il leur faut de l’argent pour continuer leur relation. La malhonnêteté se poursuit avec ce personnage de Selby puisque la femme dont Aileen Wuornos était amoureuse se prénomme en fait Tyria Moore et ne ressemble pas du tout physiquement au personnage du film. On a évoqué le parti pris de ne pas impliquer Tyria Moore puisqu’elle avait été innocentée pendant le procès. Louables intentions, mais assez hypocrites au final puisque la réalisatrice ne se prive pas de revisiter l’histoire d’Aileen à sa manière.

Aileen survit en se prostituant. Elle tue ses clients pour leur soutirer de l’argent. Et elle a bien raison, car dans le film ce sont presque tous d’affreux salopards ou de pauvres crétins. D’ailleurs il y en a même un qui tente de la violer, le connard (il sera prouvé dans le procès qu’Aileen Wuornos a menti à ce sujet). Bref il y a une tentative de réhabilitation du personnage assez grossière. En gros, elle a vraiment pas eu de chance, alors qu’elle ne voulait qu’un bout d’épaule, quelqu’un à aimer quoi. Dans la vraie vie, il apparait qu’elle était profondément colérique et bipolaire, voire misanthrope puisque plusieurs témoins disent qu’elle ne “détestait pas seulement les hommes, elle haïssait le monde entier“.

C’est dans la fascination qu’exerce le tueur ou le serial killer qu’il faut aller chercher l’impossibilité d’un biopic. Plus encore que pour toute autre “célébrité”. La fascination tend à “embellir” les choses. Dernièrement Jean-Paul Rouve s’y est fourvoyé, faisant d’Albert Spaggiari (qui n’est certes pas un tueur mais un criminel tout de même) un bandit génial et farceur par rapport à son casse du siècle et son évasion spectaculaire, mais occulte délibérément tout ce qui fait ombre à la construction du mythe: son passé dans l’OAS et ses relations étroites avec un réseau d’extrême-droite international.

C’est là que l’émission Faites entrer l’accusé a trouvé le ton juste: construire ses documentaires avec une “cinématographie” de l’image et une voix off travaillée pour augmenter l’effet polar et tension dramatique, sans que jamais le spectateur ne puisse oublier qu’il s’agit là de choses réelles et avérées. Il y a donc cet équilibre permanent du “la réalité dépasse la fiction”.

Les biopic de ce type de personnes ne peuvent marcher que dans la mesure où on s’écarte d’eux et on s’en inspire pour la construction de personnages fictifs. Dans le cas de Monster, seul survit le souvenir d’une Charlize Theron qui a été obligée d’en passer par là pour prouver qu’elle était “une vraie actrice” et pas seulement une belle fille. Et de là vient aussi la vacuité du propos.

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