Grandiose!
Je dédie ce post à Kelly (pour le walrus) et Sub (pour la musique et la chorégraphie). :D
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Le 22 mai, c’est mon anniversaire. Si vous avez superenvie de m’offrir quelque chose, mais que vous n’avez pas d’idée, voici quelques pistes.

Sinon, il y a aussi ça:
Celui qu’est bien rouge, chuis sûre qu’il m’ira mieux qu’à cette blonde en plus.
Et pis sinon, on peut toujours rêver.
Par ailleurs, je rappelle aux éditeurs et auteurs que j’accepte tous les envois de livres, que je me ferai un plaisir de lire et de chroniquer ici. Ou sur Discordance comme c’est le cas aujourd’hui avec Crépuscule Ville de Lolita Pille avec lequel j’ai été, comme on dit dans le jargon “sévère mais juste”. :D
Un personnage historique riche est souvent une source d’inspiration romanesque furieusement tentatrice pour de nombreux écrivains. En effet, quoi de plus attrayant que d’imaginer des aventures inédites qui expliqueraient pourquoi telle personne qui marqué l’Histoire de son empreinte? C’est même la tentative posthume de Norman Mailer, c’est dire. Ici, c’est la figure de Giacomo Casanova qui est abordée par Arthur Japin. Toutefois, on aurait tort de croire Un charmant défaut entièrement axé sur ce personnage. D’ailleurs, le titre anglais de ce roman d’origine hollandaise est In Lucia’s eyes. Mais qui est Lucia?
Selon les mémoires de l’illustre libertin, il est tombé fou amoureux de cette toute jeune fille de quatorze ans lors d’un séjour au domaine de Paséan en Italie. Fille de domestiques travaillant pour la Comtesse de Mont-Réal, Lucia est fraiche, charmante, mais son charmant défaut est justement son trop jeune âge, qu empêche Giacomo de la posséder. Il promet de revenir la chercher d’ici quelques mois et l’épouser, sincèrement épris d’elle. Lucia met à profit son temps libre pour travailler alors avec un pédagogue français qui enrichit son esprit vif mais cause également sa perte en lui transmettant une variole particulièrement virulente. S’il en meurt, Lucia en réchappe, mais les lésions lui causent des cicatrices si atroces qu’elle ne peut se résoudre à se présenter à Giacomo. Tout à son désespoir, elle s’enfuit et disparait. De nombreuses années plus tard, elle retrouve Giacomo en Hollande où elle s’est exilée. Cachée derrière sa voilette, elle se demande si elle a encore la force et l’espoir de le reconquérir…
Roman historique donc, mais aussi délicieux roman sur les ruses de l’amour et du marivaudage, Un charmant défaut est un très beau portait de femme dans le Siècle des Lumières. Arthur Japin écrit dans une langue précieuse sans jamais verser dans la préciosité et compose notamment des dialogues lumineux d’intelligence et de sensibilité. Sa Lucia est un personnage des plus attachants, sorte de Madame de Maintenon (les séances d’études avec son pédagogue Monsieur de Pompignac rappellent celles qu’a eu la seconde épouse de Louis XIV dans sa jeunesse) qui aurait en plus vécu la douleur de la maladie et la vie de prostituée. A ce sujet, Un charmant défaut offre un éclairage passionant sur la vie et les moeurs hollandaises au XVIIIème siècle, puisque la prostitution est la deuxième voie que choisit Lucia après avoir été la dame de compagnie d’élégantes aventurières italiennes. Mais qui permet aussi de réhabiliter plus encore la figure de Giacomo Casanova grand amoureux devant l’éternel, trop souvent confondu avec le grand mysogine qu’est Don Juan. Un charmant défaut est un roman gracieux et qui contrairement à son héroine est justement exempt de défauts!

Un charmant défaut, Arthur Japin, Editions Héloise D’Ormesson, 2006 (2003 pour l’édition originale), 269 pages
Inutile de rappeler à quel point j’aime Ute Lemper. Elle fait partie des chanteuses que j’aime inconditionnellement, un peu comme Vanessa Daou.
Dire que je ne savais pas que la sublime chanson Little Water Song que lui a écrit Nick Cave a été utilisée durant une scène d’un onirisme liquide à frémir dans le film Romance and cigarettes…
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Bien que je me pâme devant les films d’Andrew Blake - surnommé le Pape du Q chic par Première en 1996 - il y a peu, j’ai craqué et acheté un bon gros coffret de films X Alpha France édités maintenant chez Blue One. Les films bien estampillés seventies, avec du poil, des mecs portant moustaches, pas forcément des gravures de mode, mais des braquemards toujours au garde-à-vous et des filles aux coiffures piquées chez Amanda Lear. C’était l’époque où ça tournait en 35mm et pas en vidéo et les scènes de sexe n’étaient pas encore filmées comme de purs plans gynécologiques. Ben franchement, je n’aurai jamais imaginé autant kiffer ces films-là. A l’époque on sentait qu’ils se marraient vraiment sur les tournages et d’ailleurs j’aime bien ce qu’en dit Bri-Bri à ce sujet.
Mais surtout ce qui m’a frappé en visionnant ce coffret, c’est de voir des choses qui sont pour ainsi dire absentes de tous les pornos “grand public” actuels (je ne parle pas des “spécialités” avec grosses déviances et fétichismes à la clé) : partenaire masculin sodomisé au gode-ceinture par une fille, sodomie entre hommes, auto-fellation… Même du sexe inter-racial comme l’appellent nos amis américains. Et j’ai trouvé ça finalement étrange que même le porno, sensé représenter le summum de la sexualité agressive et délirante soit devenu si formaté et prévisible. Impression renforcée quand nous avons été voir Gorge profonde entre potes lors des dix ans du Festival Extrême Cinéma à la Cinémathèque de Toulouse : les scènes de sexe avaient le mérite d’être franchement émoustillantes - jouées avec un sacré enthousiasme en tout cas! - et les scènes de comédie étaient drôles, vraiment drôles à faire se gondoler une salle entière. Les scènes de comédie étaient presque meilleures que les scènes de sexe, c’est dire. Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer pour ce cinéma-là perde tout ça?
Putain, il m’a tué ce weekend de huit-mai-pentecôte chez maman. Lire et écrire au jardin au milieu des odeurs d’herbe coupée, avec ladite maman et son copain qui jardinent non loin de là est un réel plaisir. Manger des produits bien frais aussi. Et je ne parle même pas de la joie de voir un dossier de dowloads de films gros comme ça, que tu sais que t’auras pas le temps de tous les voir mais tu peux te permettre le luxe insondable d’avoir la difficulté à choisir. Bref, c’était de la glande foutrement bien organisée, celle qui permet de bosser tout en ayant l’impression de rien branler du tout. La preuve, y a même une nouvelle chronique littérature écrite de mes blanches mains chez Discordance, cette fois-ci il s’agit du roman Les femmes préfèrent les monstres de Delphine Vallette. Bonne lecture, sur ce je m’en vais mettre du basilic dans ma salade de tomates et profiter des derniers bouts de ciel pas encore noir.